En 2015, le monde a découvert KIC 8462852 et ses variations de luminosité attribuées par certains à une structure extraterrestre orbitant autour, une sphère de Dyson. Mais selon de récentes observations, l’étoile subirait en fait une transition de phase interne qui explique les baisses de luminosités observées par Kepler.

IC 8462852 est une étoile située à 1480 années-lumière de la Terre et un peu plus massive, chaude et lumineuse que le Soleil. Observée grâce au télescope Kepler en 2015, des baisses de luminosité de 20 % pour des périodes pouvant durer de 5 à 80 jours avaient alors été détectées. Un phénomène dont l’explication n’était pas clairement établie, certains soupçonnant la présence d’une nuée de comètes près de l’étoile, quand d’autres évoquaient la présence d’une structure extraterrestre (une sphère de Dyson) orbitant autour de KIC 8462852. Mais selon de nouvelles observations, l’étoile subirait en fait une transition de phase interne qui serait à l’origine des explosions puissantes opérées sur la surface, bloquant ainsi les émissions de lumière.

Dans une étude publiée dans Physical Review Letters, une équipe de chercheurs de l’Université de l’Illinois suggère en effet que les variations de luminosité pourraient être intrinsèques à l’étoile elle-même. Les chercheurs ont étudié la façon dont les grands et les petits « creux » de luminosité se rapportaient les uns aux autres et ont alors découvert un modèle mathématique compatible avec un modèle d’avalanche bien établi : les événements de gradation les plus petits correspondent aux petites avalanches observées pendant les intervalles de temps entre les avalanches plus grandes, assimilées aux plus grands événements de gradation. Selon les chercheurs, cela signifie que l’étoile se rapproche du point critique d’une transition de phase continue sous-jacente.

Les transitions de phases — le plus souvent entre les états solide, liquide, gazeux de la matière et dans des cas rares, le plasma — sont pensées pour être associées à notre activité solaire comme les éruptions et les tempêtes solaires. Ainsi, il se pourrait que des matériaux internes de KIC 8462852 soient en pleine phase de transition, conduisant ainsi à des explosions erratiques à la surface qui bloquent sa lumière.

« L’analyse montre que le modèle d’avalanche est extrêmement cohérent avec ce qui est observé », explique l’astrophysicien Ethan Siegel. « En d’autres termes, KIC 8462852 ne pourrait être qu’une étoile intensément active et mal comprise, dégageant des explosions massives périodiques qui provoquent une variation de la lumière. Et même si KIC 8462852 ne satisfait pas les défenseurs de l’hypothèse extraterrestre, nous avons encore un phénomène qui ne ressemble à rien que nous ayons jamais vu auparavant ».

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