Une étude récente a examiné les restes momifiés d’une adolescente de l’Égypte ancienne, révélant des détails tragiques sur sa mort liée à l’accouchement de jumeaux. Explications.
Mortalité maternelle dans l’Égypte ancienne
Déterminer la cause du décès dans un contexte archéologique peut être complexe, en particulier lorsqu’on trouve des restes fœtaux ou de nouveau-nés dans la tombe de femmes en âge de procréer.
Souvent, l’accouchement est évoqué comme cause possible, mais les preuves physiques sont la plupart du temps limitées. Parmi les archives archéologiques, seulement sept cas répondent à une définition stricte de décès pendant l’accouchement qui exige des preuves spécifiques telles que la présence de restes fœtaux dans le canal génital.
Dans le cadre d’une étude récente, des chercheurs ont examiné ces différents cas pour évaluer précisément l’âge des individus, identifier toute anomalie osseuse et déterminer la cause probable du décès.
Parmi les sept cas examinés, l’un a suscité une attention particulière de la part des chercheurs.

Une découverte macabre
Les scientifiques ont analysé les tomodensitogrammes de la momie, initialement exhumée en 1908, et ont découvert la présence d’un deuxième foetus dans la cavité thoracique de la femme.
Autrement dit, cette jeune femme attendait des jumeaux. Une autopsie virtuelle a montré que le premier bébé était en position de siège, ce qui aurait provoqué une « décapitation fœtale traumatique » pendant l’accouchement, entraînant la mort de la mère et des deux nourrissons.
En d’autres termes, la tête du premier bébé s’est détachée du reste du corps pendant le processus d’accouchement. Cette situation est une complication obstétricale rare et tragique.
La momification était une pratique funéraire courante dans l’Égypte ancienne visant à préserver le corps pour l’au-delà. Le processus impliquait généralement la suppression des organes internes, y compris les foetus dans le cas d’une femme enceinte. Dans ce cas particulier, l’ignorance possible de la grossesse gémellaire aurait conduit les embaumeurs à ne pas effectuer cette étape nécessaire pour retirer le deuxième foetus avant la momification.
Cette lacune dans la compréhension des embaumeurs souligne les défis auxquels sont confrontés les chercheurs modernes pour interpréter les restes momifiés et comprendre les circonstances entourant la mort, en particulier lorsque des éléments tels que la grossesse gémellaire ne sont pas évidents à première vue.
Cette découverte souligne également les dangers de la grossesse et de l’accouchement à cette époque, en particulier pour les naissances de jumeaux, souvent considérées comme indésirables dans l’Égypte ancienne.
Les détails de l’étude sont publiés dans l’International Journal of Osteoarchaeology.
