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Égypte Antique : Découvrez la cité perdue d’Akhenaton reconstituée en 3D

L’imagerie 3D a été récemment utilisée par un laboratoire en lien avec le CNRS afin de reconstituer Amarna, la cité perdue du célèbre pharaon égyptien Akhenaton. Le but? Comprendre une révolution religieuse intervenue dans l’Égypte Antique.

Les reconstitutions en 3D d’anciennes cités antiques semblent être un bon moyen de comprendre certains phénomènes. Il y a peu, un archéologue américain avait élaboré une reconstitution 3D de la Rome Antique telle qu’elle était en 320 après Jésus-Christ, une véritable immersion dans cet univers où tous les lieux mythiques étaient présents.

Le laboratoire Archéovision, lié au CNRS, a tenté avec succès un pari, par le biais du projet Amarna 3D. Il s’agissait de reconstituer la cité d’Amarna, bâtie par l’illustre Akhenaton, de son vrai nom Amenhotep IV, pharaon du Nouvel Empire qui a régné entre l’an -1355 et l’an -1338. En l’an 5 de son règne, Akhenaton a lancé la construction d’une cité à Tell el-Amarna, dans une zone complètement désertique, à environ 300 km au nord de Thèbes, la capitale de l’empire destinée à être remplacée.

À la mort du souverain, soit une décennie après la fin de la construction de la cité d’Amarna, cette dernière fut désertée. Ainsi, les palais, temples et autres bâtiments administratifs tout juste édifiés ont été démontés. Sur le site, seules quelques pierres sont restées visibles aux chercheurs qui ont eu beaucoup de mal à comprendre leur agencement et leur forme.

« L’idée est de faire comprendre au public, grâce à la technologie 3D, ce qu’a été la genèse du profond bouleversement qu’a connu la société égyptienne sous le règne de ce pharaon monothéiste », explique Robert Vergnieux, ancien dirigeant du laboratoire Archéovision.

Les égyptologues ont travaillé sur le site d’Amarna mais également sur celui de Karnak, un vaste ensemble de ruines situé le long du Nil, plus au sud. Ces recherches ont permis de comprendre l’établissement de nouvelles normes architecturales imposées aux nouveaux bâtiments.

« La ville d’Amarna n’a pas été réoccupée après sa destruction, et malgré son démontage, et la démolition de ses murs de calcaire par les chaufourniers venus faire de la chaux dès l’Antiquité, le plan complet d’Amarna est toujours visible au sol sur Google Earth! » poursuit Robert Vergnieux.

La reconstruction 3D issue du travail du laboratoire Archéovision a été effectuée à l’aide des informations acquises depuis les premières fouilles des différents sites au XIXe siècle. Ces données comprenaient les fondations des édifices, les limites et l’organisation de la cité ainsi que des représentations architecturales observées sur les parois de tombes royales.

« Toutes les nouveautés d’Amarna ont été pensées à Karnak, là où Akhenaton a modifié l’équilibre de la société égyptienne avec un nouveau dispositif dans sa relation au divin »

Akhenaton avait donc provoqué un véritable bouleversement en Égypte en imposant le culte unique d’Aton, le disque solaire, à la place de de celui d’Amon. Ainsi, les temples d’Amarna ne comportaient pas de toit afin d’être directement exposés aux rayons solaires d’Aton. Ce changement d’orientation religieuse n’avait alors pas été suivi par le successeur d’Akhenaton, son fils Toutankhamon, ce dernier ayant abandonné la nouvelle cité pour retrouver l’ancienne capitale, Thèbes.

Voici un extrait de la reconstitution 3D de la cité d’Amarna :

Sources : Le Journal du CNRSScience et Avenir