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Afrique du sud : un projet d’exploration sismique suscite un vent d’indignation

Crédits : ydwer / iStock

Il y a quelques jours, des centaines de défenseurs de l’océan et de la nature ont manifesté sur plusieurs plages sud-africaines. Les protestations visaient un projet d’exploration sismique du géant du pétrole Shell. Selon ses détracteurs, ce projet représente un important danger pour la faune marine.

Des dommages irréparables à l’environnement

Sur les plages de plusieurs villes côtières telles que Le Cap et Port Elizabeth, des centaines de manifestants se sont réunis le 5 décembre 2021 malgré le mauvais temps. Le but était de dénoncer un projet de recherche utilisant des ondes sismiques qui représente selon les détracteurs un danger pour la faune marine au large de la célèbre et touristique Wild Coast. Cette zone de 300 km de long intègre en effet plusieurs réserves naturelles et zones marines protégées.

Comme l’indiquait l’agence de presse Reuters dans un article du 3 décembre, le géant pétrolier Shell, responsable du projet, a remporté une bataille juridique. Les opposants, Greenpeace Afrique soutenu par des pêcheurs locaux, avaient formulé une demande en urgence pour empêcher les débuts du projet. Les arguments avancés étaient des dommages irréparables à l’environnement marin, en particulier sur les baleines à bosse de la région.

poisson Shell Afrique du sud
Crédits : Pixiedust / Twitter

Un appel au boycott de Shell

Au Cap sur la plage de Muizenberg, les manifestants ont déployé des banderoles telles que « Shell en enfer » ou « Ne touchez pas à la côte » et ont également brandi un modèle géant d’un maquereau endémique de la région. À Port Elizabeth, de nombreuses pancartes fustigeaient le géant du pétrole et appelaient au boycott de ses stations-service. Certaines détournaient même le  logo de la marque (en forme de coquillage) afin d’y ajouter un doigt d’honneur.

Rappelons tout de même les raisons avancées par Shell dans le cadre de ce projet. La firme évoque la prospection offshore d’énergies fossiles. En effet, l’analyse de la propagation d’ondes sismiques permet de déterminer la structure géologique des sols susceptibles de renfermer des hydrocarbures. Or, des bateaux embarquant des canons à air envoient des ondes de choc qui peuvent perturber le comportement de la faune selon les militants. Cela peut notamment altérer leur reproduction, leur alimentation et leurs épisodes de migration.

« Alors que les scientifiques recommandent de mettre la pédale douce sur les énergies fossiles et que nos voisins de l’hémisphère nord s’opposent à ces études sismiques, je trouve curieux que ces nouveaux ‘colonisateurs’ se sentent justifiés de déplacer leurs activités indésirables en Afrique », a déclaré Alan Straton, pêcheur et écologiste de la région.