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Les “zeppelins” sont-ils l’avenir du transport aérien ?

Crédits : Sergey Denisenko / iStock

Quasiment tombés dans l’oubli depuis de nombreuses décennies, les dirigeables ou zeppelins tentent de revenir sur le devant de la scène avec différents projets. Parmi ces derniers, nous retrouvons celui d’un fabricant britannique d’aéronefs. Son dirigeable hybride sera dans un premier temps capable de transporter une centaine de passagers.

Un gros dirigeable pour de distances courtes

Après un premier vol en mars 1936, le dirigeable LZ 129 Hindenburg de la société allemande Zeppelin était tout simplement le plus grand dirigeable commercial jamais fabriqué. Néanmoins, après quatorze mois de service entre l’Europe et les États-Unis, l’engin disparaît à la suite d’un terrible incendie le 6 mai 1937. À l’époque, l’impact médiatique de cet accident est tel que l’aventure du transport transatlantique par dirigeable prend fin. Depuis, les dirigeables existent toujours, mais sont bien plus présents dans le cinéma. Néanmoins, de nouveaux projets laissent penser que des zeppelins d’une certaine importance verront le jour dans un avenir proche.

Un communiqué publié par la société britannique Hybrid Air Vehicules le 26 mai 2021 présente par exemple un dirigeable hybride à cent places qui devrait intégrer le marché d’ici 2025. Il s’agit d’une déclinaison du zeppelin Airlander 10, qui devrait aussi prendre la forme d’une ultime version 100 % électrique vers 2030. Hybrid Air Vehicles estime cependant que les dirigeables ont des limites comme la vitesse qui est loin de celle des avions. Ainsi, la société a pensé à des trajets cours dont voici quelques exemples : Oslo-Stockholm, Liverpool-Belfast ou encore Barcelone-Palma de Majorque.

dirigeable Airlander 10
Crédits : Hybrid Air Vehicles

Les zeppelins ont un impact moins important sur l’environnement

Rappelons également que la plupart des projets de dirigeables comme ceux de Hybrid Air Vehicles fonctionnent à l’hélium. Leur dangerosité est donc très réduite en comparaison aux anciens dirigeables comme le LZ 129 Hindenburg qui fonctionnait à l’hydrogène, un produit hautement inflammable. Néanmoins, l’hélium est un gaz relativement rare et assez demandé dans différents secteurs comme le médical (IRM) et l’industrie (soudure). Quoi qu’il en soit, à l’instar de n’importe quel type d’aéronefs, les zeppelins doivent prouver leur haut niveau de sécurité avant de pouvoir transporter des passagers.

Hybrid Air Vehicles joue également la carte de l’écologie. Son nouveau Airlander 10 émettrait 90 % gaz à effet de serre en moins qu’un avion. Par ailleurs, les dirigeables pourraient incarner une alternative intéressante pour le transport de marchandises. Amazon et Walmart l’ont compris depuis quelque temps déjà, car ces deux sociétés ont déposé des brevets pour de futurs “entrepôts volants” en 2017.

Enfin, nous évoquions en mars 2021 un autre projet de dirigeable. Sergei Brin, cofondateur de Google a passé une annonce pour une offre d’emploi au sein de sa start-up de dirigeables LTA Research. L’objectif ? Concevoir à terme une énorme pile à hydrogène d’une puissance de 1,5 MW.