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YouTube, Netflix, porno… des millions de tonnes d’émissions carbone par an

Crédits : Marco Verch/Flickr

YouTube, Netflix, ou encore la pornographie en ligne, les flux vidéo génèrent chaque année des centaines de millions d’émissions carbone.

Si les images sont virtuelles, l’impact écologique du numérique, lui, est bien réel. La principale raison de cette pollution ? Les data centers, a priori. Les besoins en puissance de calcul et en espace disque consomment en effet énormément d’énergie. Mais les data centers, gourmands en électricité, ne sont en réalité pas la principale source d’émissions d’origine numérique. Le “gros” du problème se situe plus en amont, lors de la fabrication des terminaux. Pollution de l’eau, du sol, de l’air – tout y passe.

Mais pour mieux se rendre à l’évidence, le mieux est encore de s’appuyer sur des chiffres. Il y a quelques semaines, des chercheurs ont par exemple estimé que YouTube, à lui seul, avait émis plus de 10 millions de tonnes de dioxyde de carbone en 2016. Plus récemment, une étude signée The Shift Project un groupe de réflexion français – a estimé que toutes les vidéos en ligne du monde entier émettent aujourd’hui plus de 300 millions de tonnes de dioxyde de carbone par an. Ce qui représente 1 % du total des émissions annuelles mondiales.

YouTube, porno, Netflix

En disséquant un peu ces chiffres, on se rend alors compte que 21 % de ces émissions sont à mettre au crédit de vidéos divertissantes publiées sur des plateformes comme YouTube. 34 % des émissions sont également générées par les sites de vidéos à la demande (VOD) comme Netflix ou Amazon Prime. Environ 27 % des émissions sont générées par des vidéos regardées sur des sites pornographiques, et 18 % par celles disponibles sur les réseaux sociaux.

« Nos modes de consommation actuels sont directement responsables de notre incapacité à réduire notre empreinte carbone, pourtant, nous rechignons toujours à les modifier, explique Hugues Ferreboeuf, directeur de The Shift Project. Une remise en question de nos comportements sur le net est non seulement souhaitable, mais possible face à l’urgence climatique ».

Chaque année, Netflix génère autant d’émissions carbone que l’Espagne. Crédits : Pixabay

Au regard de ces chiffres alarmants, les auteurs de cette nouvelle étude n’invitent pas forcément les gens à stopper leur consommation de vidéos en ligne. Ils énumèrent en revanche quelques recommandations dans le but de réduire leur impact environnemental. Nous pourrions limiter notre consommation à une par jour, proposent-ils. Les fonctions de lecture automatique par exemple, encouragent également selon eux une consommation excessive de vidéos. Si cette fonction était supprimée sur YouTube, les chercheurs notent que la plateforme pourrait en effet réduire ses émissions de 550 000 tonnes.

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