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Il y a 5 milliards de morceaux de plastique flottants sur nos océans, et voici où ils se trouvent

Crédits : janeb13 / Pixabay

La pollution des océans par les microplastiques fait couler de l’encre. Beaucoup soulignent l’existence d’un « 7e continent », décrit comme une immense plaque de déchets évoluant dans le nord de l’océan Pacifique. Mais la réalité est beaucoup plus sombre, et les infos clairsemées. Un peu comme le plastique finalement. Comme en atteste cette nouvelle carte.

Une étude menée par Marcu Eriksen en 2014 évaluait l’ensemble de la pollution de la surface des océans à cinq milliards de particules, soit environ 268 940 tonnes de plastique. Pour parvenir à ce résultat, des équipes de chercheurs coordonnées par l’institut 5 Gyres ont compilé les résultats issus de 24 campagnes océanographiques réalisées ces 6 dernières années sur 50 000 milles nautiques, soit 92 600 km. Se basant sur ces résultats, Dumpark, une agence néo-zélandaise spécialisée dans la visualisation de données en infographies, nous rappelle que la pollution plastique en océan n’est pas centralisée, mais qu’elle semble universellement répandue en de minuscules morceaux de confetti.

L’océan pourrait aujourd’hui s’apparenter à la nuit étoilée ; une vaste étendue sombre parsemée de milliards de petits points lumineux. Chaque point représente ici 20 kg de plastique. Une estimation de 5,25 milliards de morceaux de plastique dont le poids combiné équivaut à plus de 38.000 éléphants d’Afrique. Rien que ça.  Mais en en menant cette enquête, Eriksen et ses collègues voulaient non seulement évaluer la quantité de plastique présente, en surface, dans les océans, mais également quels types de plastique étaient les plus représentés.

« Nous avons trouvé un nombre incroyable de ces petites billes de déodorant roll-on » explique le chercheur. « Les plus gros éléments ont tendance à être en plastique solide : brosses à dents, balles rebondissantes, cruches de lait ou autres sceaux de plage« . Dans une zone située près de l’île Christmas, dans l’océan Indien, Eriksen a même repéré des milliers de paires de « tongs », qui avaient probablement dérivé depuis les eaux de l’Asie du Sud. « Je pouvais en ramasser 10.000 en une heure » dit-il.

Mais la grande majorité de la matière plastique dans nos océans est celle que nous ne pouvons pas voir. Sur les 5,25 milliards de particules flottantes estimés par l’équipe de chercheurs, 92 pour cent de ces déchets sont microscopiques. « Faites glisser un filet à travers l’océan et vous reviendrez avec une poignée de confettis en plastique – de minuscules particules de la taille de nourriture pour les poissons » termine le chercheur.

Pour combattre ce fléau, Eriksen encourage le développement des polymères biodégradables. « Il paraît essentiel de favoriser l’utilisation de produits innovants pour le remplacement des objets à usage unique« . L’industrie plastique suggère, elle, une démarche plus responsable de la part des particuliers, mais la réalité est que l’industrie elle-même a besoin d’une refonte complète de son système de fonctionnement. Récupérer 100 pour cent de leurs produits serait une solution, ou penser des produits sans danger pour l’environnement.

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Source : vox