in ,

Il y a 125 000 ans, le niveau des océans était six à neuf mètres plus élevé

Crédits : Pixabay / Unsplash

Des scientifiques ont fait une découverte « préoccupante » : il y a 125 000 ans, le niveau des océans était de six à neuf mètres plus élevé que le niveau actuel, mais les températures de surface des océans étaient similaires à celles relevées aujourd’hui.

L’épisode interglaciaire de l’Eémien (130 000 — 115 000 ans avant notre ère) fut l’une des périodes les plus chaudes enregistrées ces 800 000 dernières années. Le pic le plus chaud de l’Eémien se situe il y a 125 000 ans environ. Une époque analogue à la nôtre en un point puisqu’une récente étude publiée jeudi dans la revue Science et menée par des chercheurs de l’Oregon State University constate aujourd’hui que les températures de surface de la mer (SST) au cours de cette dernière période interglaciaire étaient équivalentes aux températures de surface enregistrées au cours de ces 150 dernières années. Sauf qu’à l’époque, le niveau des océans était de six à neuf mètres plus élevé.

À partir de carottes de sédiments marins recueillis sur 83 sites à travers le monde, les chercheurs ont pu reconstituer les températures mondiales de surface des océans au cours de l’Eémien. Ils ont ensuite apparié les données avec celles couvrant les années 1870 à 1889 et 1995-2014. Il y a quelque 129 000 ans, les températures globales de surface de la mer étaient déjà similaires aux températures pour la période 1870-1889. Quatre mille ans plus tard, elles avaient néanmoins augmenté de 0,5 degré Celsius soit exactement l’ampleur enregistrée pour les années 1995 à 2014, soit seulement 150 ans plus tard ont précisé les chercheurs des universités d’État de l’Oregon.

Les chercheurs concluent que les estimations de variation des températures des modèles climatiques sont trop basses. Au cours de l’épisode interglaciaire de l’Eémien, le climat de la Terre s’était réchauffé d’environ 2 degrés en raison d’un changement de l’inclinaison de la planète, d’où la hausse du niveau des océans. De nos jours ce n’est pas le cas, et le réchauffement climatique observé aujourd’hui étant accéléré par les activités humaines, les chercheurs s’inquiètent de l’incertitude concernant les conséquences d’un tel réchauffement enregistré aujourd’hui sur les océans.

« La Terre aurait besoin de subir une éruption du mont St Helen toutes les 2,5 heures pour suivre le rythme des émissions carbone que nous produisons », explique le chercheur principal Jeremy Hoffman. Finalement, on ne maîtrise pas grand-chose. Selon des estimations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le niveau global des océans devrait s’élever de 13 à 68 cm d’ici 2050, mais une récente étude évoquait il y a un an une montée des eaux pouvant atteindre deux mètres dans les cent prochaines années, ce qui noierait partiellement de grandes métropoles comme New York et Miami.