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XRISM : faux départ pour le « télescope des extrêmes » japonais

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Le vaisseau spatial de la mission japonaise d'imagerie et de spectroscopie à rayons X, ou XRISM, a fait l'objet de tests acoustiques au Japon en décembre dernier. Crédits : JAXA

L’agence spatiale japonaise (JAXA) se préparait ce dimanche à lancer deux missions spatiales très différentes à partir d’une seule fusée. À l’intérieur du carénage se trouvait un nouveau télescope à rayons X, ainsi qu’un petit atterrisseur lunaire expérimental. Le lancement a été reporté moins de trente minutes avant le décollage prévu.

Qu’est-ce que le télescope XRISM ?

Le télescope s’appelle X-ray Imaging and Spectroscopy Mission, ou XRISM en abrégé. Il est le fruit d’une collaboration entre la JAXA et la NASA, avec la participation supplémentaire de l’Agence spatiale européenne. Son objectif sera d’examiner les rayons X émis par quelques-uns des objets les plus extrêmes de l’univers.

Pour opérer, XRISM utilisera la spectroscopie de pointe afin de mesurer les changements de luminosité des objets célestes à différentes longueurs d’onde. Ces données révéleront des informations sur le mouvement et la chimie de la matière tourbillonnant autour des trous noirs, du plasma imprégnant les amas de galaxies, ou encore sur les restes d’étoiles massives en expansion.

Son instrument clé, baptisé Resolve, aura une résolution bien supérieure à celle des observatoires à rayons X en orbite autour de la Terre. Il sera chargé de mesurer de minuscules changements de température lorsque ces rayons frapperont sa surface. Pour fonctionner, Resolve devra donc être refroidi légèrement au-dessus du zéro absolu.

Le télescope spatial évoluera sur une orbite à environ 560 km au-dessus de la Terre. Une fois sur place, les chercheurs passeront les prochains mois à calibrer les instruments et à tester leurs performances. Les opérations scientifiques débuteront en janvier, tandis que les premiers résultats seront attendus dans environ un an.

Un deuxième instrument, nommé Xtend, fonctionnera simultanément pour photographier le cosmos avec une résolution comparable à celle de nos yeux si nous avions une vision aux rayons X.

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Le télescope spatial XRISM préparé pour des tests sous vide sur Terre avant son lancement. Crédits : ESA/JAXA

Un petit atterrisseur lunaire

La mission lunaire Smart Lander for Investigating Moon, ou SLIM, est un petit atterrisseur lunaire dont l’objectif sera de démontrer l’efficacité d’un nouveau système de navigation. L’engin visera le cratère Shiol, sur la face visible de la Lune. Le vaisseau spatial atteindra la Lune quatre mois environ après son lancement, ce dernier empruntant une trajectoire détournée dans le but d’économiser du carburant. Une fois sur place, l’atterrisseur passera un mois à faire le tour de notre satellite avant de tenter de se poser en surface.

Le développement d’une meilleure technologie d’atterrissage permettrait aux futurs engins de se poser plus près de terrains accidentés présentant un intérêt scientifique. On pense notamment aux cratères ombragés en permanence qui abritent de la glace d’eau.

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Un concept artistique de SLIM à la surface de la Lune. Crédits : JAXA

Pourquoi le lancement a-t-il été annulé ?

XRISM et SLIM devaient être lancés à partir d’une fusée H-IIA depuis le centre spatial japonais de Tanegashima dans la nuit de dimanche à lundi. La JAXA a finalement annoncé le report de son lancement moins de 30 minutes avant la fin du compte à rebours en raison du mauvais temps. Les vents à des altitudes plus élevées au-dessus du site de lancement étaient en effet suffisamment violents pour possiblement dévier la fusée de sa trajectoire nominale.

L’agence spatiale japonaise n’a pas encore annoncé de date pour sa prochaine tentative. Cependant, nous savons que sa fenêtre de lancement sera ouverte jusqu’au 15 septembre.