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Voynich, l’un des plus mystérieux manuscrits du Moyen-Âge va être « cloné »

Crédits : Beinecke Rare Book & Manuscript Library, Yale University / Wikipédia

Il s’agit de l’un des plus mystérieux manuscrits médiévaux existants : le manuscrit Voynich. Ce dernier, qui sera reproduit en quantité, avait été écrit dans un langage que les meilleurs cryptographes n’ont toujours pas réussi à déchiffrer !

Découvert en 1912 dans une communauté de jésuites à Frascati, près de Rome, le manuscrit tient son appellation de celui qui l’a trouvé, à savoir Wilfrid M. Voynich (1865-1930), un bibliophile polonais émigré aux États-Unis. L’ouvrage est célèbre pour son caractère défini comme indéchiffrable et son côté mystérieux. Il est possible d’y voir d’élégantes pages d’écriture, des dessins de femmes nues, des illustrations de plantes étranges, tandis que les plus superstitieux lui attribuent des pouvoirs magiques.

« Toucher le Voynich, c’est vraiment quelque chose » indique Juan Jose Garcia, de la petite maison d’édition espagnole nommée Siloe.

Cette maison d’édition basée dans le nord de l’Espagne a obtenu, après une décennie de tractations, l’autorisation de le reproduire à l’identique en vue d’une commercialisation de 898 copies. L’ouvrage de 234 pages, produit entre 1404 et 1438 selon une datation au carbone 14 effectuée en 2009, est altéré par le temps et était jusqu’ici conservé précieusement dans le coffre-fort de la bibliothèque de Beinecke à l’Université de Yale (États-Unis).

« C’est un livre entouré d’une telle aura de mystère que le voir pour la première fois… emplit d’une émotion vraiment difficile à décrire » explique Juan Jose Garcia.

Siloe prévoit de produire des fac-similés du manuscrit Voynich, c’est à dire des copies le plus proche possible de la source. Ainsi, les copies seront fidèles et laisseront apparaitre les divers trous, taches et déchirures que l’ouvrage original a subi. Son prix de vente sera fixé entre 7000 et 8000 euros et la maison d’édition indique que près de 300 acheteurs ont déjà passé commande.

L’Université de Yale a accepté de céder le manuscrit pour ce travail de reproduction et d’édition, tout simplement parce qu’un grand nombre de personnes désiraient le consulter. Selon Raymond Clemens, conservateur de la bibliothèque Beinecke, il s’agit de permettre également « aux bibliothèques et musées de disposer d’une copie ».

L’auteur du manuscrit de Voynich était identifié en la personne de Roger Bacon, un moine franciscain du XIIIe siècle ayant été jeté en prison pour son intérêt prononcé pour l’alchimie. Cependant, après la datation au carbone 14 de 2009, il a été admis que l’ouvrage avait été produit au XVe siècle. Les théories vont bon train depuis, évoquant Léonard de Vinci ou encore une origine extraterrestre. Certains penseraient même à une vaste fumisterie de Wilfrid M. Voynich lui-même.

« Plus de 90% de ceux qui accèdent à la bibliothèque en ligne le font pour le manuscrit Voynich » explique Raymond Clemens. Des milliers de messages parviennent à la bibliothèque Beinecke, provenant de passionnés pensant avoir levé le mystère de l’ouvrage.

Voici quelques pages de l’ouvrage :

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Crédits : Beinecke Rare Book & Manuscript Library, Yale University / Wikipédia

 

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Crédits : Beinecke Rare Book & Manuscript Library, Yale University / Wikipédia

 

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Crédits : Beinecke Rare Book & Manuscript Library, Yale University / Wikipédia

 

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Crédits : Beinecke Rare Book & Manuscript Library, Yale University / Wikipédia

 

Sources : Sciences et AvenirLe Point

Crédit images : Manuscrit de Voynich sur Wikipédia