Voyager 1 reprend l’envoi de données scientifiques vers la Terre

Voyager 2
Voyager 2 dérive dans l'espace interstellaire depuis novembre 2018. Crédits : NASA/ JLP

L’engin spatial Voyager 1 de la NASA a récemment repris l’envoi de données scientifiques six mois après avoir commencé à transmettre des signaux anormaux composés de modèles tronqués de zéros et de uns. Cet événement marque ainsi un nouveau chapitre dans la mission de ce vaisseau emblématique qui continue d’explorer les confins de l’espace interstellaire, loin de notre Système solaire.

Une exploration sans précédent

Lancé en 1977, Voyager 1 est l’objet fabriqué par l’Homme qui a voyagé le plus loin dans l’espace. Après avoir traversé l’héliopause, la frontière où le vent solaire cesse d’influencer l’environnement spatial, l’objet ère depuis plusieurs années dans l’espace interstellaire. Depuis ces contrées lointaines, Voyager 1 continue de transmettre des données cruciales, nous offrant une fenêtre unique sur les régions au-delà de notre Système solaire. Cette mission révolutionnaire nous aide ainsi à mieux comprendre l’espace entre les étoiles, un domaine jusque-là largement inexploré.

Notez que Voyager 1 fonctionne avec seulement 69,63 kilo-octets de mémoire et utilise en partie du code écrit en Fortran 5, un langage informatique ancien. « Le bouton sur lequel vous appuyez pour ouvrir la portière de votre voiture a plus de puissance de calcul que les vaisseaux spatiaux Voyager« , résume ainsi Suzanne Dodd, chef de projet Voyager, à NPR. Cela souligne l’ingéniosité des ingénieurs de la NASA qui ont conçu un vaisseau capable de résister à l’épreuve du temps et des rigueurs de l’espace.

Un « arrêt de travail » prolongé

Voyager 1 a rencontré de nombreux défis au cours de son voyage. Le dernier en date remonte à fin 2023. Les opérations de mission avaient été interrompues lorsque le vaisseau a commencé à renvoyer des signaux vers la Terre sans aucune donnée scientifique ou technique. Après une enquête approfondie, la NASA avait déterminé que le problème provenait d’une petite partie de la mémoire corrompue dans le sous-système de données de vol, l’un des trois ordinateurs de la sonde spatiale.

Le 17 mai, des commandes ont été envoyées à Voyager 1 pour tenter de résoudre le problème. Étant donné que les signaux mettent 22,5 heures pour atteindre l’engin et autant de temps pour revenir, l’équipe a dû attendre nerveusement pour voir si le correctif avait fonctionné. Heureusement, plusieurs systèmes critiques sont maintenant de nouveau opérationnels.

Voyager 1
Une illustration de la sonde Voyager 1 voguant dans l’espace interstellaire. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Plus récemment, la NASA a confirmé que plusieurs instruments, dont le sous-système d’ondes plasma et le magnétomètre de Voyager 1, renvoient désormais des données scientifiques utilisables. Cependant, les travaux de restauration de plusieurs autres instruments continuent, notamment pour le sous-système de rayons cosmiques et l’instrument à particules chargées de faible énergie. Ces efforts visent à maximiser la durée de vie du vaisseau spatial et à prolonger sa mission aussi longtemps que possible.