La marche rapide sur les trottoirs parisiens un matin de novembre, le panier de courses à la main, et soudain : une glissade imprévue, un geste réflexe pour rattraper sa chute… et un bruit sourd, symptomatique, dans le poignet. Les salles d’attente se remplissent, les plâtres se multiplient : chaque automne, des milliers de Français expérimentent le même scénario. Mais qu’est-ce qui rend cette période si propice aux fractures du poignet ? À l’approche de l’hiver, alors que les jours raccourcissent et que le manteau de feuilles mortes s’épaissit, un phénomène discret mais ténace s’installe dans nos rues. Voici pourquoi il faut redoubler de vigilance.
Les chiffres qui donnent le vertige : explosion des fractures du poignet à l’automne
Chaque année, entre octobre et décembre, les services hospitaliers enregistrent une envolée spectaculaire des fractures du poignet. Les dernières statistiques de l’Assurance Maladie révèlent une hausse de 25 % des cas durant cette période par rapport au reste de l’année. Ce constat, loin d’être anecdotique, souligne l’importance d’adapter nos comportements dès le retour de l’automne.
Le phénomène touche principalement les habitants des zones urbaines, mais pas seulement. Si l’on pense souvent d’abord aux seniors, les actifs pressés, les étudiants et même les adolescents comptent parmi les victimes régulières de ces chutes. Les files d’attente des urgences en novembre et décembre ressemblent à une photographie de la société française : du retraité au lycéen, tous sont confrontés à ce risque imprévu.
Pluie, feuilles mortes et chaussées piégeuses : quand la météo s’acharne
À l’automne, un cocktail de facteurs météorologiques transforme nos trottoirs en véritables patinoires. La pluie, mais aussi la brume matinale et les premières gelées venues précocement, créent une humidité persistante qui rend les surfaces glissantes malgré les apparences.
Les feuilles mortes, quant à elles, ne sont pas que le décor bucolique de la saison. Sous l’effet de l’humidité, elles deviennent aussi dangereuses que du savon humide. C’est souvent au détour d’un virage ou en descendant d’un bus, concentré sur autre chose que l’état du sol, que le faux pas se produit. Plus la couche de feuilles mortes est épaisse et humide, plus le risque de glisser s’accroît.
Vêtements et chaussures : amis ou ennemis de nos articulations ?
L’automne incite au cocooning, mais certaines habitudes vestimentaires accroissent, sans qu’on y pense, le risque de blessure. Les bottines lisses, les semelles usées ou encore les chaussures à talons rendent la marche périlleuse sur sol humide. Beaucoup restent fidèles à leurs baskets d’été, oubliant que la semelle lisse, en contact avec la chaussée mouillée, n’offre que peu d’adhérence.
À l’opposé, choisir un équipement adapté peut faire toute la différence. Des chaussures couvrantes, à semelle antidérapante, parfois même imperméabilisées, deviennent de précieux alliés. Souvent sous-estimé, ce simple choix réduit significativement le risque de glissade, tout comme l’adaptation des vêtements pour éviter d’être gêné dans ses mouvements ou déséquilibré par un sac trop lourd.
Le rôle crucial de la vigilance : gestes simples, impacts décisifs
Face à ces « pièges » de saison, l’anticipation reste le premier rempart. Prendre quelques secondes pour observer les alentours, éviter les zones de feuilles compactes, ralentir lors des descentes de trottoir ou marcher à bonne distance des bordures : autant de gestes simples qui peuvent tout changer.
Adopter certaines habitudes préventives s’avère très efficace. Opter pour le port d’un sac en bandoulière plutôt qu’à la main libère les bras pour se protéger en cas de chute. Envisager une activité de renforcement musculaire ou d’équilibre, même légère, améliore la réactivité et la stabilité lorsqu’un obstacle se présente.
L’âge du capitaine : pourquoi les seniors sont les premiers touchés
Il est bien connu que l’avancée en âge rend les os plus fragiles et les réflexes moins immédiats. Le poignet, articulé, sollicité et exposé lors des rattrapages, est particulièrement vulnérable chez les seniors. En automne, la combinaison entre fragilité osseuse et sol glissant aboutit à ce triste constat : la majorité des fractures du poignet recensées concernent des personnes de plus de 65 ans.
Face à ce constat, la prévention s’organise. Certaines communes proposent des ateliers d’équilibre ou de marche, des campagnes de sensibilisation, tandis que de nombreuses pharmacies affichent des rappels des bons réflexes dès les premiers frimas.
Aller plus loin : comment éviter de passer l’automne à l’hôpital ?
Quelques gestes de bon sens s’avèrent décisifs pour traverser novembre et décembre sans plâtre. On l’oublie mais investir dans une paire de chaussures adaptées à la saison, vérifier régulièrement l’état de ses semelles, ou nettoyer rapidement l’entrée de sa maison sont des actions accessibles à tous.
À l’échelle locale, certaines villes montrent la voie avec la mise en place de brigades chargées de ramasser régulièrement les feuilles ou d’informer la population sur les zones à risque. Ces initiatives pourraient inspirer d’autres communes et contribuer à faire baisser durablement le nombre de fractures saisonnières.
Synthèse : l’automne et le défi des fractures, à chacun d’agir
La hausse vertigineuse des fractures du poignet dès les premiers jours d’automne n’est donc pas une fatalité. À travers des gestes simples et une attention accrue aux conditions de la saison, chacun peut contribuer à réduire ce risque. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : le port de chaussures antidérapantes et une vigilance particulière face aux feuilles mortes forment un premier rempart efficace.
Voyons cette période comme un rappel collectif : surveiller ses équipements, partager les bons conseils avec ses proches et, pourquoi pas, encourager sa mairie à investir dans la prévention. Et si l’automne devenait finalement le moment idéal pour réapprendre à prendre soin de soi et de ses articulations ?
