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Vous faites un “burn-out” ? L’OMS le reconnait officiellement comme une maladie professionnelle

Crédits : iStock

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement reconnu le burn-out dans sa Classification internationale des maladies. Une première.

En février 2018, une proposition de loi visant à reconnaître le burn-out comme “maladie professionnelle” avait été rejetée par l’Assemblée nationale. Il y a quelques jours, la ministre du Travail Muriel Pénicaud en remettait une couche. Force est de constater que les plus hautes autorités sanitaires ne sont plus du même avis. Lors de la 72e Assemblée mondiale de la santé, tenue à Genève, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a en effet inclus le burn-out dans son classement international des maladies.

« C’est la première fois que le burn-out fait son entrée dans la classification », a annoncé lundi Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS. La maladie se traduit désormais comme suit : « un syndrome […] résultant d’un stress chronique au travail et qui n’a pas été géré assez efficacement », et qui se caractérise par trois éléments : un « sentiment d’épuisement », du « cynisme » ou des « sentiments négatifs liés à son travail » et « une efficacité professionnelle réduite ».

Il est également bien précisé que le burn-out « fait spécifiquement référence à des phénomènes relatifs au contexte professionnel et ne doit pas être utilisé pour décrire des expériences dans d’autres domaines de la vie ».

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L’OMS reconnaît le “burn-out” en tant qu’état pathologique. Crédits : Pixabay

La « non prise en compte de l’humain »

Interrogé par Challenges, Patrick Légeron, psychiatre fondateur du cabinet Stimulus, est récemment revenu sur le burn-out – qui n’épargne pas les Français. Il estime notamment que 25 % des salariés sont considérés en état d’hyper-stress dans l’hexagone. Plusieurs causes pourraient être identifiées. L’intensification du travail par exemple, qui, en mettant l’accent sur “toujours plus de performances”, peut créer un surmenage des salariés. À ceci s’ajoute, dans le même souci, la multiplication des contrôles. Le tout saupoudré d’une certaine “instabilité” inhérente à la transformation numérique du travail.

Mais outre ces évolutions c’est bien « la non prise en compte de l’humain » dans la mise en œuvre de cette transformation qui, pour le psychiatre, est le principal moteur de cette “épidémie”.

Citons également d’autres évolutions majeures. Notamment la classification du “comportement sexuel compulsif” en tant que trouble mental. L’OMS reconnaît également pour la première fois le “trouble du jeu vidéo“. Un trouble qui se caractérise désormais comme une « perte de contrôle sur le jeu ayant des répercussions dommageables ». Autrement dit, l’OMS reconnaît le principe de dépendance pour les jeux vidéo, au même titre que certaines drogues. Enfin, le transgenderisme est retiré de la liste des troubles mentaux.

Cette nouvelle mise à jour, appelée CIM-11, entrera en vigueur en janvier 2022.

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