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Voudriez-vous donner votre cerveau à la Science ?

Crédits : Wikipedia / Thesupermat

Dans le cadre de leurs recherches, il s’avère que les scientifiques ont besoin de cerveaux post-mortem. En revanche, les programmes de dons d’organes reçoivent malheureusement très peu de spécimens.

« La disponibilité du tissu humain pathologique ou normal est aujourd’hui très sérieusement compromise en France : les autopsies qui permettaient d’obtenir des échantillons sont tombées en désuétude, les règles de consentement sont plus contraignantes, et les conditions d’utilisation du tissu humain pour la recherche sont devenues très restrictives », peut-on lire sur le site du centre de référence Démences Rares ou Précoces.

Une collaboration sans précédent entre de nombreuses associations a permis de créer GIE Neuro-CEB, une banque d’échantillons biologiques humains pour la recherche sur les maladies neurodégénératives. Il s’agit entre autres de pouvoir désormais gérer à l’échelle nationale un réseau de dons de cerveaux post-mortem. Aux États-Unis, les mêmes problèmes se posent, et un certain Tish Hevel a créé le Brain Donor Project pour simplifier l’inscription des donneurs potentiels. Il s’agit d’un succès car en deux ans, plus de 2000 personnes ont promis de donner leur cerveau à la Science outre-Atlantique.

Dans tous les cas, il y a des informations à connaître sur cette question. Elles sont relatives aux donneurs, aux cerveaux à prélever, à l’état des corps après prélèvement, au coût de l’opération ou encore au niveau du temps écoulé entre le décès et le prélèvement.

Évidemment, le cerveau ne peut pas être prélevé pour faire l’objet d’une greffe, comme cela peut être le cas pour les reins ou le pancréas. Ainsi, il est indispensable de communiquer sur le désir de vouloir en faire don. Il faut également savoir que le cerveau ne sera prélevé que sous certaines conditions. Il faut que celui-ci soit sain ou présente une pathologie, à savoir la maladie d’Alzheimer (et apparentées), la maladie de Parkinson (même cas de figure), la sclérose en plaques ou encore les ataxies cérébelleuses. En effet, les chercheurs comparent des cerveaux sains avec des cerveaux atteints de maladies neurologiques.

Lorsque nous mourons, nous faisons évidemment l’objet d’un enterrement, sauf dans certains cas. Ainsi, il ne faut pas avoir peur que le crâne ou le visage soient détériorés – esthétiquement parlant – car le cerveau est prélevé via une incision pratiquée à l’arrière du crâne, ce qui ne laisse aucune trace sur le visage. Concernant le coût, GIE Neuro-CEB se charge de tout en France, en ce qui concerne le prélèvement et autres frais de transport.

Précisons enfin le fait qu’après le décès, chaque minute compte ! En effet, les chercheurs ont besoin de récupérer le cerveau dans les 48 heures, si bien qu’une personne faisant le choix de donner son cerveau à la science se doit d’informer sa famille et ses proches de la procédure à adopter au moment du décès.

Sources : National GeographicAlloDocteurs

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