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Volcanisme : dans le sud de l’Italie, l’Etna et le Vésuve n’ont plus le monopole du danger

Crédits : Max Pixel

Lorsque nous évoquons le volcanisme dans le sud de l’Italie, deux noms ressortent systématiquement : l’Etna et le Vésuve, ayant déjà fait des dégâts par le passé. Pourtant, un autre mastodonte se trouvant cette fois sous l’eau pourrait faire des siennes à l’avenir : le Marsili.

Un imposant volcan sous-marin

L’Etna (3 323 m) et le Vésuve (1 281 m) sont deux volcans se trouvant respectivement en Sicile et près de Naples. Le premier est en éruption depuis 2013 et le second est célèbre pour avoir détruit la ville de Pompéi en l’an 79. Comme l’explique un article de BBC Future le 2 août 2021, un troisième volcan pourrait bien bousculer ce monopole du danger dans le sud de l’Italie. Le volcan Marsili se situe à 175 km sur sud de Naples et mesure environ 3 000 mètres de hauteur. Sa base est très impressionnante : 70 km de longueur sur 30 km de large.

Le Marsili est sans conteste le plus grand volcan actif du continent européen mais se fait plutôt discret pour une raison évidente. En effet, celui-ci se trouve dans la mer Tyrrhénienne à 500 mètres de profondeur. Ce mastodonte fait partie d’un arc volcanique (l’arc Éolien), une succession de volcans ayant d’ailleurs formé plusieurs masses terrestres comme les îles Éoliennes.

Le volcanologue Guido Ventura et son équipe de l’Institut national de géophysique et de volcanologie (INGV) en Italie ont publié une étude dans la revue Scientific Reports en avril 2020. Le Marsili serait né il y a un million d’années. Il aurait accumulé pas moins de 80 cônes éruptifs au fil des millénaires, le long de nombreuses fractures et fissures pouvant laisser échapper de la lave.

carte volcan marsili
Crédits : INGV/Guido Ventura

Des risques non négligeables

Du fait de sa profondeur, le Marsili est seulement connu depuis le début du XXe siècle, lorsque les cartographies des bassins maritimes ont fait leur apparition. Il faut savoir que le développement de certaines technologies a été le moteur de cette découverte, dont l’utilisation plus fréquente des sous-marins. Citons aussi l’apparition de nouveaux systèmes de communication comme les câbles télégraphiques, qu’il fallait installer au fond de la mer. Dans les années 1920, le Marsili fut baptisé en l’honneur du polymathe Luigi Fernando Marsili, auteur du premier traité d’hydrographie.

Les premières recherches concernant le Marsili ont débuté très tard, dans les années 2000. Les différentes études estiment que la dernière éruption de ce volcan s’est produite il y a quelques milliers d’années. Aujourd’hui, son activité est minime : quelques émissions gazeuses, grondements et faibles secousses. Les chercheurs expliquent également qu’en cas d’éruption massive, la lave et les cendres produites seraient étouffées par la masse d’eau. Il y a donc très peu de risques qu’une telle éruption atteigne la terre ferme, et donc la population locale.

Néanmoins, le danger est bien présent. Les différents travaux laissent penser que des risques concernent de possibles glissements de terrain sous-marins. En cas de secousse sismique causant l’effondrement d’un des flancs du Marsili, le volume d’eau déplacé pourrait générer un important tsunami. Toutefois, il est aujourd’hui impossible de prévoir l’éventuelle imminence d’une catastrophe. Ainsi, les scientifiques réclament actuellement de nouvelles technologies afin de surveiller l’activité de la région.