in

Malgré les progrès technologiques, les voitures autonomes ont une faille importante

Crédits : Ian Maddox / Wikipédia

Il y a une dizaine d’années, le concept de voiture autonome faisait rêver. Aujourd’hui, c’est un peu moins le cas. Si la technologie continue de progresser, les promesses sont en effet encore loin d’être tenues. Les véhicules autonomes font en outre face à un problème plutôt difficile à surmonter.

Une technologie toujours en progrès

Les véhicules autonomes, à savoir sans conducteur, ont été abondamment présentés comme étant l’avenir de la mobilité. Pourtant, cette notion d’autonomie est toute relative dans la mesure où pour l’instant, aucun constructeur n’est capable de lancer un véhicule de niveau 5, comme l’expliquait la marque nippone Toyota en 2019. Même les voitures que commercialise Tesla, leader du marché, oscillent entre les niveaux 2 et 3.

En Europe, Mercedes vient à peine d’obtenir l’autorisation de vendre des voitures de niveau 3. Aux États-Unis, Cruise (General Motors) prévoit de commercialiser des voitures 100 % autonomes d’ici 2030. Cette société peut déjà faire circuler ses véhicules dans les grandes villes du pays, à l’instar de Waymo (Alphabet) ayant pour l’instant le meilleur système au monde. Les véhicules de Waymo embarquent 29 caméras, 5 capteurs LIDAR ainsi que 6 capteurs radar. Malgré ce concentré de technologie, ce système resterait dix-sept fois moins performant qu’un conducteur humain, selon un article publié dans La Tribune le 13 janvier 2022.

Rappelons au passage que le niveau 2 est relatif à une automatisation partielle. L’intelligence artificielle contrôle la vitesse et la direction, mais le conducteur doit rester très attentif à ce qu’il se passe sur la route et se préparer à intervenir en cas de besoin. Le niveau 3 est assez similaire, car le conducteur humain doit aussi rester attentif, mais peut tout de même reposer ses mains et ses yeux. Synonyme d’autonomie complète à tous les niveaux, le niveau 5 appartient quant à lui encore au domaine de la science-fiction, mais ce n’est qu’une question de temps.

Waymo
Crédits : Wikimedia Commons / Waymo

Un problème de taille pour les voitures autonomes

Ainsi, la technologie progresse, mais en réalité, la faille réelle des véhicules autonomes est tout autre : leur modèle économique. Citons par exemple Uber, dont le PDG affirmait déjà en 2014 que le chauffeur humain représentait les deux tiers du prix d’un trajet. Aussi, son absence permettrait de réduire le montant de la course. Seulement, voilà, si Uber peut se targuer d’assurer pas moins cent millions de trajets par mois dans plus de 10 000 villes, la firme ne possède aucun véhicule. Les chauffeurs sont des sous-traitants recevant de l’argent seulement lorsque ceux-ci effectuent une course.

Dans un monde où la voiture autonome serait prépondérante, Uber devra sûrement se munir d’une flotte d’automobiles dont le prix à l’unité avoisine les 150 000 euros. Le business plan devra donc se montrer très solide, car chaque voiture non utilisée sera synonyme de perte économique. Par ailleurs, remplacer les chauffeurs humains est un pari risqué dans la mesure où contrairement aux systèmes automatisés, ceux-ci peuvent contrôler le niveau de carburant, veiller à ce que les passagers n’enfreignent pas la loi ou encore nettoyer le vomi d’un passager alcoolisé entre autres.

Ainsi, les systèmes automatisés permettent d’économiser d’un côté, mais de nouvelles charges peuvent également apparaître, mettant à mal l’élaboration d’un modèle économique performant. Néanmoins, cela concernerait seulement le transport de passagers. En effet, d’autres concepts tels que les camions de livraison ou encore les tracteurs autonomes parcourant des champs dépourvus d’obstacles sont très prometteurs.