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Voir à travers un embryon humain est désormais possible

Crédits : iStock

Des chercheurs français sont parvenus à modéliser des embryons humains en 3D dans le but d’observer leurs différents tissus et ainsi, comprendre davantage leur développement.

Cette technique se nomme « transparisation » et a été mise au point par une équipe de chercheurs de l’Institut de la vision de Paris et du Centre de recherche Jean-Pierre Aubert de Lille. Il s’agit d’une méthode de visualisation 3D permettant d’observer les vaisseaux sanguins, les cellules musculaires et les nerfs des embryons, comme l’explique l’étude publiée en 2017 dans la revue Cell.

Trois techniques ont été utilisées pour réaliser la transparisation. Tout d’abord, afin de marquer et visualiser les organes, les chercheurs ont utilisé l’immunofluorescence. Ainsi, différents types d’anticorps transportant des molécules fluorescentes de différentes couleurs ont été fabriqués, ayant la capacité de se fixer sur un type de cellule particulier (cellules nerveuses, cellules de vaisseaux sanguins etc).

Crédits : Cell

Après l’élaboration de ce marquage à l’intérieur de l’embryon, les scientifiques ont travaillé sur la possibilité de rendre les tissus transparents et ainsi, permettre une visibilité du marquage. Pour ce faire, les chercheurs ont utilisé plusieurs solvants et après quelques bains, les cellules de l’embryon ont perdu leurs lipides membranaires. Le but ? Garder seulement l’architecture (ou squelette) protéique.

Ensuite, la dernière technique qui entre en jeu nécessite l’utilisation d’un microscope laser 3D. Cet appareil produisant un laser de seulement 2 micromètres d’épaisseur a pour mission de prendre des clichés de chaque plan, ce qui permettra de reconstituer l’organe en 3D.

Les chercheurs indiquent que les embryons utilisés pour ces manipulations proviennent d’interruptions volontaires de grossesse (IVG), avec l’accord de la mère. Les scientifiques estiment que la transparisation a déjà porté ses fruits dans la compréhension du développement du fœtus :

« Nous avons notamment découvert des choses qu’il n’était pas possible de voir sans marquage spécifique. Nous avons par exemple réussi à distinguer les nerfs sensitifs (qui transmettent des signaux sensoriels vers le cerveau) des nerfs moteurs (qui sont reliés aux muscles), ce qui était alors impossible »,
explique Alain Chédotal, principal auteur de l’étude dans des propos obtenus par Le Figaro.

Par ailleurs, la transparisation permet d’avoir une idée du rythme de prolifération cellulaire pour chaque organe. Pour cela, les chercheurs comptabilisent simplement les cellules fluorescentes aux différents âges embryonnaires.

Sources : Science & VieLe Figaro