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La Voie lactée a bien mangé, mais elle a mis des miettes partout

(Les carrés jaunes représentent les amas globulaires, les triangles représentent les galaxies satellites et les petits points représentent les courants stellaires. Crédits : ESA

Un groupe d’astronomes de l’Institut Max Planck propose un nouvel atlas des différents groupes d’étoiles « étrangers » consommés par notre galaxie, la Voie lactée. Ce faisant, les chercheurs ont identifié un total de six fusions passées, dont l’une était jusqu’à aujourd’hui inconnue. Les détails de l’étude sont publiés dans The Astrophysical Journal.

Dans les illustrations d’artistes, notre galaxie ressemble à un disque brillant d’étoiles au centre duquel se dessinent plusieurs bras spiraux distinctifs. Moins visible, mais non moins intéressant est le halo de notre galaxie. Imaginez un énorme complexe sphérique d’étoiles pour la plupart très anciennes, enveloppant l’ensemble du disque.

Ce halo est une sorte de « livre d’histoire » archivant les interactions passées de la Voie lactée avec d’autres objets. Il peut arriver de temps en temps que tout étant en mouvement dans l’Univers, une galaxie vienne se frotter un peu trop près de la nôtre, si près qu’elle se retrouve piégée par son attraction gravitationnelle. Se forme alors un flux stellaire qui disperse des étoiles dans le halo de notre galaxie au fil du temps.

Certaines de ces étoiles sont contenues dans des amas globulaires : des amas compacts d’étoiles généralement plus anciens qui restent ensemble en raison de leur propre attraction gravitationnelle mutuelle.

Dans le cadre d’une nouvelle étude, un groupe d’astronomes dirigé par Khyati Malhan a cartographié tous ces « débris » globulaires dispersés au cours des milliards d’années d’histoire de la Voie lactée.

Au moins six fusions connues

En s’appuyant sur les données du satellite européen Gaia, qui fournit des mesures très précises des positions et des vitesses des étoiles, les chercheurs ont effectué une analyse systématique de 257 flux d’étoiles. Ils ont ainsi pu déterminer quels objets du halo de la Voie lactée faisaient à l’origine partie de la même galaxie depuis engloutie.

Au final, ils ont repéré 62 objets pouvant être attribués à six fusions différentes, peut-on lire dans ScienceMag. Cinq d’entre elles (nommées Sagittarius, Cetus, Gaia-Encelade, LMS-1/Wukong et Arjuna/Sequoia/I’itoi) étaient déjà connues. En revanche, les chercheurs ont identifié les vestiges d’une fusion encore inconnue. Elle porte désormais le nom de Pontus.

voie lactée
Crédits : Free-Photos / Pixabay

On sait encore peu de choses sur les 195 objets restants identifiés au cours de l’étude. Ils pourraient être les restes de très petites galaxies englouties, mais d’autres études seront nécessaires pour le confirmer. On ignore également encore dans quel ordre ces différentes fusions ont eu lieu.

Enfin, l’analyse a également fourni de nouvelles données sur la fusion LMS-1/Wukong. Les chercheurs ont en effet découvert que trois flux d’étoiles précédemment connus faisaient partie de cette fusion. Fait intéressant : ce sont les flux les plus « pauvres en métaux » du halo de la Voie lactée. Autrement dit, la galaxie d’origine engloutie s’était formée très tôt dans l’histoire cosmique.