in

Voici Webb, le télescope spatial qui pourra remonter le temps jusqu’à la naissance des galaxies

Crédits : NASA / Wikimedia Commons

Alors que l’on vient de fêter les 25 ans du télescope spatial Hubble, on connaît désormais le nom de son remplaçant. Il s’agit du James Webb Space Telescope (JWST), lequel sera 100 fois plus puissant que Hubble, qu’il remplacera dès 2018. Il devrait permettre de remonter le temps jusqu’à la naissance des premières galaxies.

Pour Mark Clampin, astronome et membre de l’équipe scientifique du télescope, « Le Webb (…) pourra aller jusqu’à au moins 300 millions d’années après le Big Bang (donnant naissance à notre univers il y a 13,8 milliards d’années) quand les toutes premières étoiles et galaxies sont apparues ». Il permettra ainsi de nous rapprocher bien plus près de la naissance de l’Univers que Hubble, lancé il y a 25 ans et qui restera en activité jusqu’à ce qu’il ait des ennuis techniques.

Doté de caractéristiques bien plus performantes que Hubble, le Webb sera capable de voir ce qui n’a encore jamais été observé. « Le JWST représente une très grande avancée comparativement à Hubble avec notamment un miroir principal trois fois plus grand (6,5 mètres de diamètre) et la capacité d’observer dans l’infrarouge », afin de discerner les objets les plus éloignés aujourd’hui invisibles, explique Mark Clampin au Centre Goddard de la NASA à Greenbelt dans le Maryland.

Ce télescope spatial pourra voir 70 % plus de lumière que Hubble, ce qui lui permettra de voir à travers les nuages de gaz et de poussières cosmiques, pour pénétrer dans les endroits les plus lointains et cachés du cosmos. « Le Webb devrait aussi faire avancer les recherches sur les exoplanètes grâce à des capteurs et des équipements capables d’analyser leur atmosphère pour en comprendre la composition », commente Matt Greenhouse, un des responsables des instruments du Webb. En effet, parmi les 5 000 exoplanètes déjà détectées, certaines sont potentiellement habitables, ni trop chaudes, ni trop froides, où l’eau pourrait exister à l’état liquide, et donc abriter de la vie.

Cette recherche de la vie dans l’Univers pourrait bien connaître d’importants progrès grâce à ce télescope, car il est « suffisamment puissant pour détecter des biosignatures dans l’atmosphère de ces planètes. Il s’agit de molécules d’eau et d’oxygène et peut-être même de pollution de civilisations extraterrestres », selon Mark Clampin.

Actuellement en phase d’assemblage, le télescope sera placé à 1,5 million de kilomètres de la Terre, sur le Point Lagrange 2, un endroit très stable dans la direction opposée au Soleil. Hubble est lui actuellement en orbite à 570 km de la Terre. Avec un poids de 6,4 tonnes et un coût de 8,8 milliards de dollars, le Webb sera lancé par une fusée Ariane V de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) depuis le centre de Kourou en Guyane française.

o-HUBBLE-900
Crédits : NASA / ESA

Sources : nasa, s & a