in ,

Voici des solutions simples pour nourrir l’Humanité ! (« Nourrir la planète », 2e partie)

Crédits : Capture vidéo

Stop au gâchis !

800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. Or, paradoxe, 600 millions de terriens sont obèses. Cela prouve bien qu’il y a encore aujourd’hui suffisamment de production agricole sur Terre pour nourrir l’Humanité tout entière, mais que celle-ci est mal distribuée. Pire, l’excédent est gaspillé.

Dans les pays du Nord, là où l’agriculture ne pose pas de problème, un tiers de la production d’aliments est jeté avant d’être consommé. Un immense gâchis. La France a d’ailleurs fait un pas en avant il y a peu dans ce domaine, en obligeant les grandes distributions à donner leurs excédents à des associations. Il était temps !

11304174_10206946462565046_1089430784_n
Crédits : Capture vidéo

Changer nos habitudes alimentaires

Les êtres vivants à sang chaud que nous mangeons régulièrement (poulets, porcs et surtout bœufs) consomment une quantité phénoménale de céréales. Ce qui a pour conséquence qu’un « carnivore » consommera en moyenne 800 kg de céréales, soit 4 fois plus qu’un végétarien.

« Moins de viande, moins de lait, moins de sel, moins de sucre, moins de matières grasses. […] Plus de fruits, plus de légumes de saison, plus de céréales, plus de légumes, plus de diversité », cela serait un bon commencement estime Bruno Parmentier.

Manger moins de bœufs serait moins bon pour les agriculteurs ? Non, répond-il ! En 50 ans, on a bien diminué notre consommation annuelle de vin de 145 à 42 litres ! Oui, les viticulteurs sont sortis dans la rue, mais au final, ils se sont adaptés, offrant ainsi du vin de meilleure qualité à un prix plus élevé. Pourquoi ne pas faire la même chose pour la viande ?

Favoriser la consommation d’animaux « à sang froid » permettra aussi de diminuer la consommation de céréales, qui pourront être utilisées par exemple dans les biocarburants. Ainsi, manger des crevettes tropicales, des poissons d’élevage et des insectes est une solution d’avenir.

Promouvoir l’agriculture vivrière dans les pays du tiers-monde

Dans les pays du Sud, le gâchis existe aussi, mais directement à la récolte ! Pourtant, d’après M. Parmentier, l’Afrique produit suffisamment de ressources pour se suffire à elle-même. Seulement, celles-ci sont mal réparties. Et l’Afrique de l’Ouest, pourvue pourtant de terres fertiles, ne possède aucune infrastructure ni pour les stocker ni pour les exporter. Sans compter les pirates et les gouvernements plus ou moins corrompus…

« Cela fait 60 ans que les pays du Nord disent qu’ils vont aider l’Afrique à se développer. Très bien, mais où sont les silos ? s’alarme Bruno Parmentier. Où sont les tanks à lait réfrigérés à énergie solaire ? C’est ça qu’il y a pas. »

>> Découvrez également les solutions agricoles dans la 3e et dernière partie de notre dossier « Nourrir la planète »

>> Et retrouvez la première partie de l’article dressant le bilan en cliquant sur [le lien suivant]

Bruno Parmentier, ancien directeur général de l’ESA (Ecole supérieure d’agriculture d’Angers) et passionné des différents modes d’agricultures et de nos pratiques alimentaires, nous explique à travers sa conférence à l’Université de Nantes le 3 décembre 2014 quel est le bilan actuel et quelles peuvent être les solutions pour nourrir l’Humanité entière demain. (Mettre la vidéo à partir d’1H02 pour écouter les solutions)