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Voici Pohoiki Spring, un “cerveau numérique” de 100 millions de neurones !

Crédits : Intel

Le géant américain des semi-conducteurs Intel vient de dévoiler Pohoiki Spring. Il s’agit d’un ordinateur équipé de centaines de processeurs Loihi, dont la capacité de calcul totalise environ 100 millions de neurones numériques. Évidemment, il s’agit ici d’une prouesse complètement inédite, bien que les usages de ce genre de machine restent à inventer.

Pohiki Spring, puissance 12 !

En 2017, Intel présentait son prototype de processeur neuromorphique Loihi. Comprenant 130 000 neurones numériques, cette puce s’inspire du cerveau humain quant à son fonctionnement. En effet, il s’agit d’apprendre à partir de données acquises plutôt que de s’appuyer sur une connexion à des serveurs en ligne. En juillet 2019, Intel dévoilait Pohoiki Beach, un ordinateur composé de 64 processeurs Loihi. Cette machine comportait alors plus de 8,3 millions de neurones numériques.

Dans un communiqué publié le 18 mars 2020, Intel annonce avoir encore fait un énorme pas en avant. En effet, le fabriquant a présenté un ordinateur baptisé Pohoiki Spring, doté de 768 processeurs Loihi. Désormais, le nombre de neurones numériques frôle les 100 millions ! Ainsi, le Pohoiki Spring est 12 fois plus puissant que son prédécesseur.

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Le Pohoiki Spring est doté de 768 processeurs Loihin pour un total de près de 100 millions de neurones numériques !
Crédits : Intel

L’avenir de l’informatique ?

Si le Pohoiki Beach s’approchait du cerveau d’un insecte, le Pohoiki Spring est davantage proche du cerveau du rat, ou d’une taupe. Néanmoins, pour Mike Davies, responsable du laboratoire de calcul neuromorphique d’Intel, une partie de l’enjeu se trouve ailleurs. En effet, le Pohiki Spring fonctionne avec une alimentation de 500W, c’est-à-dire comme un simple ordinateur de bureau. Toutefois, les capacités de calcul sont loin, très loin d’être identiques.

En réalité, la différence entre un système classique et le Pohiki Spring réside dans la manière de traiter les données. Si les processeurs neuromorphiques ont besoin de très peu d’énergie pour traiter un volume important de données, la véritable innovation concerne l’adaptation en temps réel. En effet, ces puces ont le même comportement que les neurones humains : celles-ci travaillent encore mieux ensemble.

Il faut rappeler que ce type d’ordinateur en est encore au stade de la recherche, si bien que les usages restent à inventer. Par exemple, Intel s’est récemment associé à l’Université Cornell (États-Unis) dans le cadre de l’élaboration d’un nez électronique. Celui-ci est capable de détecter avec une rapidité inédite une dizaine de produits nocifs tels que l’acétone et l’ammoniac.