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Le Marseillevirus, un virus géant retrouvé dans le ganglion un patient

Crédits : Ghigo E, Kartenbeck J, Lien P, Pelkmans L, Capo C, Mege JL, Raoult D. / PLoS Pathog / Wikipédia

Une équipe médicale française vient de déceler la présence d’un virus géant dans le ganglion d’un patient atteint de la maladie de Hodgkin. Découvert il y a maintenant 7 ans, le Marseillevirus est assez rare, mais régulièrement observé durant ces dernières années.

Saviez-vous que la ville de Marseille avait donné son nom à un virus géant ? En effet, en 2009, l’équipe du Professeur Raoult de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, à la tête de l’Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses Tropicales Émergentes (URMITE) a découvert ce virus géant. Il s’agit du cinquième plus grand virus connu, d’une taille de 250 nanomètres, comme l’indiquait un communiqué du CNRS paru à l’époque. Le Marseillevirus avait été détecté à nouveau en 2012 dans les excréments d’un jeune homme, puis en 2013 chez un bébé de 11 mois.

« Après Mimivirus, Mamavirus, le virophage, la catégorie des virus géants compte un nouveau membre baptisé Marseillevirus » pouvait-on lire dans cette publication du CNRS.

Il y a peu, à l’hôpital de la Conception, cette même équipe a pu à nouveau observer le Marseillevirus chez un patient atteint de la Maladie de Hodgkin (ou Lymphome hodgkinien), un certain type de cancer du système lymphatique (cancer des ganglions). L’unité de recherche du Pr Raoult a usé de moyens technologiques permettant une étude de cas relatée dans une publication dans la revue Lancet Infectious Diseases le 5 août 2016.

Reconstitution 3D du Marseillevirus
Crédits : CNRS / Raoult / URMITE

L’équipe a entre autres pratiqué l’identification rapide des protéines et le séquençage, ainsi que « l’immunohistochimie, l’immunofluorescence et l’hybridation in situ« . Selon les chercheurs, « aucun lien entre le Marseillevirus et le cancer des ganglions » ne peut « être établi sur la base de cette seule étude », cependant « cette observation ouvre un nouveau champ de recherche sur les agents infectieux auparavant inconnus chez l’homme ».

Effectivement, alors que les causes du Lymphome hodgkinien n’avaient jamais été élucidées à ce jour, les chercheurs se dirigent vers l’élaboration d’un « ensemble d’arguments en faveur du rôle étiologique de plusieurs virus et bactéries tels que le Epstein barr ou la bactérie Helicobacter pylori« .

Cette année déjà, l’équipe du Pr Raoult avait travaillé sur la bactérie Coxiella burnetii « comme facteur favorisant le cancer des ganglions » et avait estimé que « certaines données, parmi lesquelles le fait que la transfusion sanguine pourrait être un facteur de risque de survenue de cancer des ganglions, incite à considérer l’implication éventuelle de Marseillevirus et autres nouveaux virus transmis par le sang dans la survenue de ce cancer ».

Cette nouvelle étude permettra d’autres recherches concernant « des agents infectieux comme cofacteurs dans le cancer des ganglions ».

Sources : Science DailyLa Marseillaise

Crédit photos : CNRS