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Voici l’étonnant effet positif du décalage horaire !

Crédits : hpgruesen / Pixnio

Des chercheurs américains ont déterminé que le décalage horaire pourrait avoir des effets bénéfiques sur le cerveau. Il s’agit d’une conclusion étonnante, dans la mesure où ce syndrome est connu pour être notamment source de stress et de fatigue.

Un désalignement circadien

Le syndrome du décalage horaire (ou jet lag) n’est autre qu’une condition physiologique résultant d’un voyage rapide à travers plusieurs fuseaux horaires, la plupart du temps en avion. Or, cela modifie notre rythme de sommeil en déréglant notre horloge interne, une situation qui peut également toucher les personnes travaillant la nuit. Il s’agit plus précisément d’un désalignement circadien. Outre le sommeil, les propensions à manger, à dormir, à sécréter les hormones ou encore à réguler la température corporelle sont perturbées. Cette condition est alors souvent source de stress et de fatigue, le temps que le corps se réhabitue à sa condition habituelle.

Cependant, une étude publiée dans la revue Cell Reports le 2 avril 2019 estime que le jet lag pourrait avoir des effets positifs sur notre cerveau. Selon les chercheurs de l’Université de Northwestern (États-Unis), un stress cérébral temporaire léger couplé à une perturbation de notre horloge circadienne (veille-sommeil) pourrait être bénéfique. Les meneurs de l’étude pensent que de tels épisodes permettraient de préserver les neurones face à l’apparition de maladies neurodégénératives telles que Parkinson, Huntington et Alzheimer.

Lutter contre les maladies neurodégénératives

Les chercheurs ont modifié les cycles de sommeil sur des groupes d’insectes (mouches des fruits). Plus précisément, il s’agissait de remplacer le cycle habituel de 24 heures par des cycles de 20 heures durant lesquels les périodes de luminosité et d’obscurité étaient changées de manière aléatoire. Le but ? Créer des conditions similaires au décalage horaire résultant d’un vol Los Angeles – New York, c’est-à-dire sur quatre fuseaux horaires.

Les meneurs de l’étude ont découvert qu’un stress relativement mineur résultant du jet lag permettait de renforcer les neurones du cerveau. Cela aurait pour effet de ralentir la progression de la maladie de Huntington (mHTT) selon les chercheurs, qui ont ensuite retrouvé moins de polyglutamine (polyQ) – une protéine liée à la maladie. De plus, moins de cellules mortes ont été retrouvées sur les sujets après l’expérience.

CLK : Circadian Locomotor Output Cycles Kaput
PER : Period gene
Hop : Heat Shock Protein 70/90 Organizing Protein
mHTT : Huntington’s Disease
Crédits : Northwestern University

Ces recherches – poursuivant leur cours – pourraient à terme permettre une meilleure compréhension des affections neuronales. Ces progrès donneront peut-être à l’avenir la possibilité de lutter plus efficacement contre les maladies neurodégénératives.

Sources : Washington PostSlate

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