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Voici le tout premier globule rouge artificiel totalement fonctionnel !

Crédits : Qimono / Wikipedia

Des chercheurs disent avoir reproduit un globule rouge tout à fait opérationnel. Il est ici question de “reconstruction biomimétique”. Pour les scientifiques, cette innovation pourrait permettre d’alimenter de nouvelles fonctions médicales au niveau du système sanguin. Elle pourrait également permettre de soigner plusieurs maladies et améliorer certains traitements.

L’optimisme est au rendez-vous

Depuis longtemps, les chercheurs désirent synthétiser un matériau capable de reproduire les propriétés des globules rouges. Dans une publication dans la revue ACS Nano du 11 mai 2020, des scientifiques étasuniens et chinois disent avoir touché au but. L’optimisme est de mise puisqu’il est question d’une utilisation prochaine afin d’améliorer le rendement de nombreux traitements. Les chercheurs annoncent également une possibilité de traiter certaines maladies comme la drépanocytose, une maladie génétique héréditaire affectant les chaînes de l’hémoglobine.

Auparavant, d’autres études avaient permis quelques progrès mais aucune ne démontrait autant de propriétés fondamentales du globule rouge. Il faut savoir que les globules rouges doivent être flexibles afin de pouvoir circuler dans le système sanguin. Rappelons tout de même que ce dernier est composé d’un réseau d’artères et de veines mais aussi de capillaires beaucoup plus fins. Les globules rouges agissent tels des transporteurs d’oxygène via leurs molécules d’hémoglobine. De plus, ceux-ci doivent avoir une durée de vie d’au moins une dizaine d’heures afin de circuler partout dans le système sanguin.

globule rouge etude
Ce type de globule rouge artificiel reprend de nombreuses propriétés fondamentales du globule rouge naturel.
Crédits : ACS Nano

Un procédé de fabrication étonnant

L’équipe du Dr. Wei Zhu a utilisé la technique de “silica bioreplication” afin d’obtenir ce globule rouge artificiel. Il s’agit de déposer de la silice agissant en qualité de moulage sur un globule rouge naturel. Ensuite, il incombe de procéder au démoulage puis à l’exposition du moule à plusieurs couches de polymères polysaccharides. Au passage, rappelons que l’on utilise très souvent ces polymères naturels en raison de leur faible toxicité et de leur nature biodégradable. Après le dépôt des polymères, on retire la silice et on dépose une membrane naturelle issue d’un globule rouge naturel. Grâce à ses protéines identificatrices, cette membrane permettra la bonne circulation du globule rouge artificielle dans tout le système sanguin.

Outre la circulation de l’oxygène, les chercheurs évoquent également la possibilité d’utiliser ce genre de globule artificiel en tant que “cargo”. L’objectif ? Améliorer la distribution des molécules médicales. En effet, les scientifiques désirent soigner certaines maladies en remplaçant progressivement les globules rouges chez les patients.