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Voici ce qui se passe quand des Africains en milieu rural mangent un régime occidental pendant 2 semaines

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Nous savons tous qu’un régime alimentaire riche en aliments transformés n’est pas bon pour la santé, mais une étude de 2015 a permis de comprendre à quel point la restauration rapide pouvait déclencher des changements biologiques très néfastes.

« Que ta nourriture soit ton médicament et que ton médicament soit dans ta nourriture » aurait un jour dit Hippocrate. Pour cette étude publiée dans Nature Communications, des chercheurs ont demandé à 20 Américains habitués aux fast-foods d’échanger leurs régimes alimentaires avec 20 personnes vivant dans des milieux ruraux d’Afrique du Sud. Ils ont alors tout de suite remarqué des changements « remarquables » dans les biomarqueurs du cancer du côlon des participants sud-africains. La bonne nouvelle cependant, est que les Américains ont également considérablement réduit ces biomarqueurs grâce à leur nouveau régime rural – y compris la présence de mucus et de bile dans leur côlon.

« En seulement deux semaines, un changement de régime d’une composition occidentalisée à un régime traditionnel africain riche en fibres et faible en gras a réduit ces biomarqueurs du risque de cancer, indiquant qu’il n’est probablement jamais trop tard pour modifier le risque de cancer du côlon », explique Stephen O’Keefe, de l’Université de Pittsburgh aux États-Unis, et principal auteur de cette étude. Les chercheurs eurent l’idée de cette étude après avoir remarqué que les Afro-Américains présentaient des taux de cancer du côlon plus de 13 fois plus élevés que les Sud-Africains ruraux.

Ils savaient déjà que cette différence était probablement due au fait que les Américains mangent beaucoup de protéines et de graisses animales, au détriment des fibres. Mais ils n’étaient pas sûrs de la rapidité avec laquelle un changement dans l’alimentation pourrait affecter le risque de cancer du côlon.

« Les changements alimentaires ont entraîné des changements réciproques remarquables dans les biomarqueurs muqueux du risque de cancer et dans certains aspects du microbiote et du métabolome, connus pour affecter le risque de cancer », notent les chercheurs. Si l’échantillon est ici très faible, l’étude s’inscrit néanmoins dans une vaste quantité de recherches déjà existantes, qui relient les régimes pauvres à une maladie débilitante. Les chercheurs estiment déjà que jusqu’à un tiers des cas de cancer du côlon pourraient être évités grâce à des changements alimentaires. Une étude publiée un peu plus tôt a également montré que seulement cinq jours d’un régime riche en graisses peuvent changer la façon dont notre corps traite les aliments.

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