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Voici à quoi ressemblent ces reines fourmis au stade larvaire

Crédits : Idowaga et al., doi : 10.11646/ZOOTAXA.5105.2.5,CC PAR 4.0

Au stade larvaire, les reines fourmis d’une espèce asiatique développent plusieurs dizaines de petits tubercules, les distinguant des ouvrières. Leur fonction interroge encore, mais les chercheurs proposent quelques explications possibles.

Monomorium triviale est une espèce de fourmis originaire de Chine, du Japon et de Corée du Sud. Les reines de l’espèce peuvent produire une progéniture en pondant des œufs non fécondés (un processus appelé parthénogenèse thélytoque). D’ailleurs, aucun mâle M. triviale n’a jamais été identifié jusqu’à présent. Ainsi, toutes ces fourmis n’appartiennent visiblement qu’à deux catégories : les ouvrières stériles et les reines fertiles.

Dans le cadre d’une nouvelle étude, des chercheurs de l’université de Kyoto, au Japon, ont voulu comprendre les différences entre ces deux classes de fourmis.

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Les fourmis de l’espèce Monomorium triviale ont une couleur ambrée. Crédits : Minsoo Dong

Tout se joue au dernier stade

L’équipe a collecté plusieurs nids, puis transféré les membres immatures de la colonie dans des nids artificiels en laboratoire. Sur place, les chercheurs ont alors étudié les larves au moyen de plusieurs types de microscopie (optique et électronique à balayage).

Les chercheurs n’ont souligné aucun dimorphisme particulier au cours des premiers stades larvaires. Au fur et à mesure que les fourmis ouvrières et reines se développaient, toutes perdaient périodiquement leurs exosquelettes, prenant de nouvelles formes à chaque mue. De forme oblongue au départ, les fourmis développaient ensuite des pièces buccales et de minuscules poils hérissés le long de leur corps quelques jours après l’éclosion.

Cependant, selon l’étude, les reines se sont nettement démarquées au dernier stade larvaire. Sur les images, leur corps devenait en effet quasi complètement glabre, laissant apparaître trente-sept petits « tubercules » sur toute sa longueur. Après analyses, il en est ressorti que toutes ces masses (environ deux fois plus épaisses que toute autre partie du corps de la reine) étaient constituées d’une peau et d’une cuticule étendues. Les chercheurs n’ont décelé aucun muscle, conduit ou partie spécialisée.

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La larve d’une reine fourmi Monomorium triviale. Crédits : Idowaga et coll., doi : 10.11646/ZOOTAXA.5105.2.5,CC PAR 4.0

La question est donc la suivante : à quoi ces petites protubérances servent-elles réellement ? Les auteurs ne peuvent le dire avec certitude, mais ils proposent plusieurs hypothèses. Ces structures pourraient aider à soutenir le corps des larves, leur permettre de s’accrocher aux plafonds ou aux murs du nid ou bien aider les reines à se défendre contre les attaques d’autres larves. Elles pourraient également permettre de maintenir la nourriture à la surface du corps de la larve ou aider à transférer cette nourriture entre les larves.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Zootaxa.