in

Voici à quoi ressemblait (probablement) cet homme préhistorique

Crédits : Oscar Nilsson / S. Gummesson et al., 2018

Une reconstruction faciale assistée par ordinateur nous permet aujourd’hui de mettre un visage sur un crâne humain vieux de 8 000 ans.

En 2011, des chercheurs de l’Université de Stockholm et de la Fondation du patrimoine culturel sont tombés sur les restes de 10 personnes – neuf adultes et un bébé – sur le site préhistorique de Kanaljorden, près de la rivière Motala Ström (Suède).

Tous ces restes, datés d’environ 8 000 ans, ont été retrouvés empilés sur une couche de grosses pierres tapissant un lac peu profond. Les crânes adultes présentaient des signes de traumatismes contondants opérés juste avant leur mort, ce qui pourrait expliquer leur décès. En outre, aucune mandibule n’a été trouvée sur le site.

Plus surprenant : trois de ces crânes (appartenant à des hommes) présentaient également des signes traumatiques suggérant qu’ils avaient été montés sur des piquets.

Reconstitution faciale

Suite à cette incroyable découverte, le médecin légiste suédois Oscar Nilsson a été contacté par les archéologues pour effectuer une reconstruction faciale de l’un de ces crânes. Celui-ci appartenait à un homme décédé dans la cinquantaine.

Pour ce faire, le légiste n’a évidemment pas travaillé sur le crâne original, mais sur une réplique. Plusieurs indices génétiques lui ont alors permis d’estimer plusieurs caractéristiques physiques, telles que la couleur de ses cheveux, de ses yeux et de sa peau. Sa mâchoire étant manquante, le médecin a dû en revanche estimer ses proportions en fonction du reste du crâne.

Les images ci-dessous nous permettent d’apprécier les différentes étapes de la reconstruction faciale.

crâne
Le crâne original. Crédits : Oscar Nilsson
crâne
La réplique du crâne avec la mâchoire manquante et les yeux. Crédits : Oscar Nilsson
crâne
La bouche, le nez et les muscles faciaux se dessinent. Crédits : Oscar Nilsson
tête
Selon les chercheurs, l’homme avait les yeux bleus. Crédits : Oscar Nilsson
cheveux
Il avait aussi les cheveux très foncés. Crédits : Oscar Nilsson

Le médecin s’est ensuite appuyé sur des indices archéologiques pour attribuer une identité à cet homme.

Autour de ces restes humains ont en effet été découverts des restes de sangliers, d’élans, d’ours, ou encore de blaireaux. Son choix s’est finalement porté sur le sanglier. C’est pourquoi l’homme préhistorique porte, sur ses épaules, une peau de l’animal (voir ci-dessous). Il a également ajouté un peu de peinture blanche sur sa poitrine. Une pratique connue des peuples de l’âge de pierre.

« Cela est bien sûr purement spéculatif, souligne le médecin, mais une découverte aussi spécifique et dramatique appelle à une interprétation correspondante ».

crâne
Le buste final. Crédits : Oscar Nilsson

Un ancien rituel préhistorique ?

Quant à savoir pourquoi ces trois hommes ont vu leur tête dressée sur un piquet avant de rejoindre les autres restes, les chercheurs l’ignorent encore.

Il est possible que ces trois personnes aient fait l’objet d’un rituel, juste après leur mort. Ce type de pratiques sociales, en revanche, n’avait jamais été observé chez un groupe de chasseurs-cueilleurs de cette époque. Au contraire, leurs tombes témoignent généralement d’un respect de l’intégrité corporelle.

Ceci dit, nous savons que, bien plus tard, au Moyen-âge notamment, des rituels de ce genre ont été opérés par certains groupes, affichant la tête de leurs ennemis sur des piquets en guise de trophée ou en signe d’avertissement. Il est donc possible que des intentions similaires aient conduit ces humains préhistoriques à agir ainsi.

Tout ceci, encore une fois, est sujet à interprétation. Tout ce que nous savons pour le moment, c’est que plusieurs têtes ont été montées sur des piquets pendant un certain temps, avant d’être finalement déposées sur des pierres dans le lit d’un lac peu profond.

Source