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Voici à quoi pouvaient ressembler les Dénisoviens

Crédits : Maayan Harel

Une équipe de chercheurs a tenté de déterminer, avec le peu d’ossements dont nous disposons, à quoi pouvait ressembler le visage des Dénisoviens. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Cell.

Trois molaires, un morceau d’auriculaire, deux fragments de crânes et une mandibule : telles sont les seules preuves de l’existence passée des Dénisoviens. Tous ces ossements ont été retrouvés dans une grotte de l’Altaï, en Sibérie. Nous avons depuis réussi à déterminer plusieurs choses. Que Dénisoviens et Néandertaliens ont divergé il y a environ 744 000 ans, d’une part, et qu’ils ont ensuite cohabité. Nous savons également qu’il y a environ 100 000 ans, nos ancêtres ont fréquenté ces deux espèces. Malgré tout, mis à part ces relations inter-espèces, nous ne savons pas grand-chose de plus sur ces anciens hominines. Par exemple, à quoi ressemblaient-ils ?

Une équipe de chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem s’est récemment penchée sur la question. Ils ont réussi, malgré le peu d’ossements disponibles, à brosser les traits de ce cousin éloigné qui, à certains égards, nous ressemblait.

Un premier visage (presque) parfait

Pour ces travaux, les chercheurs ont analysé les schémas d’activité des gènes de Dénisoviens influencés par la méthylation de l’ADN. Ils ont ensuite comparé ces schémas avec ceux observés chez l’Homme moderne et Néandertal. Ils ont alors pu isoler des différences : plus d’une cinquantaine de caractéristiques anatomiques, 75 plus exactement, dont 34 affectaient directement le crâne. L’idée consistait ensuite à déterminer la manière dont ces différences pouvaient affecter l’apparence physique des Dénisoviens.

Des travaux complexes donc, mais qui ont finalement permis de dresser un premier portrait convaincant de nos anciens cousins. Les chercheurs ont également utilisé cette méthode pour déterminer la forme des visages de chimpanzés et de Néandertaliens, dont nous connaissons déjà les traits. Ils ont réussi à recréer ces visages avec une précision de 85 %. Autrement dit, la méthode visant à reconstruire le visage des Dénisoviens n’est pas parfaite, mais on est tout de même assez proche.

Voici à quoi ressemblait (probablement) une femme de l’espèce Denisova. Crédits Maayan Harel

Plusieurs croisements avec l’Homme moderne

Rappelons qu’une étude publiée l’année dernière nous révélait que les humains modernes se sont déjà croisés avec les Dénisoviens. Après avoir examiné plus de 5 500 génomes d’humains modernes d’Europe, d’Asie et d’Océanie, les chercheurs ont en effet déterminé que les Dénisoviens ont légué une part de leur ADN à environ 5 % des génomes des populations d’Océanie, et environ 0,2 % aux génomes des Asiatiques continentaux et des Amérindiens.

Nous avons également appris qu’il y a eu deux épisodes distincts de métissage. Les ancêtres des Océaniens se seraient croisés avec un groupe de Dénisoviens du Sud, tandis que les ancêtres des Asiatiques de l’Est se seraient mélangés avec un groupe venant du Nord.

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