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Vivre avec les robots modifiera le comportement humain

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Selon une chercheuse américaine, lorsque les robots humanoïdes seront plus nombreux dans notre environnement, les humains ne pourront pas s’empêcher de les affectionner si leur apparence est suffisamment attractive. Explications.

La remarque peut paraître étonnante, mais pourquoi pas ? Kate Darling, chercheuse au MIT Media Lab, pense que dans le futur, l’homme ne pourra pas se retenir d’aimer les robots s’ils sont assez « mignons ». De nombreux exemples déjà connus sont peut-être les prémices de ce type d’affection, qui se traduisent par diverses réactions venant des humains.

Lorsque le robot autostoppeur Hitchbot avait été vandalisé en 2015 durant son périple aux États-Unis en 2015, le public était en grande partie révolté. Les militaires américains ont instauré une nouvelle tradition : organiser des funérailles destinées aux robots les assistant dans leurs missions et contribuant à leur survie. Il y a aussi l’exemple d’une femme robotsexuelle qui souhaite se marier avec son robot.

Dans une conférence de presse donnée récemment à l’Université de Waterloo (Canada), Kate Darling a expliqué que l’attachement des humains pour leur robot est sincère et profond. Pour la chercheuse, cette notion sera d’autant plus vraie et durable tant que les sociétés de robotique mettront au point des robots susceptibles de susciter de l’empathie chez les humains. Les derniers exemples sont le robot Pepper ou le tout récent LG Hub qui sourit, danse et chante. Un article paru dans le Journal du CNRS montre bien dans quelles proportions les roboticiens tentent d’amadouer l’humain avec les machines.

Cependant, une question se pose : si l’humain est capable d’empathie pour les machines, ces dernières pourraient-elles être utilisées pour manipuler nos émotions ?

« Nos cerveaux ont tendance à projeter une intention sur tout mouvement d’aspect autonome qui advient dans notre environnement immédiat », indique Kate Darling.

Évidemment, l’homme sait que la machine n’est pas vivante, mais celui-ci ne peut pas s’empêcher de lui attribuer des états mentaux et donc d’interagir avec elle pratiquement comme si celle-ci était humaine. Ce qui renforce un tel phénomène est que les propriétaires donnent souvent un nom à leur robot et ces derniers sont de plus en plus capables de produire des sons, des gestes et des expressions faciales.

Sommes-nous à l’heure des interactions homme-machine sans retour possible ? La réponse est indéniablement oui pour la chercheuse américaine qui pense que les comportements humains sont amenés à changer au contact des machines qui ont envahi une grande partie des sphères de la vie humaine : logements, lieux de travail, écoles, hôpitaux ou encore maisons de retraite.

Jusqu’où ira la robotique ? Pour Kate Darling, il s’agit de se préoccuper davantage des prochaines implications juridiques et sociales des interactions homme-robot que de plancher sur la problématique supposant que les intelligences artificielles pourraient condamner l’humanité.

De nombreuses personnes avaient condamné la « maltraitance » du robot Atlas de Google par l’ingénieur désirant tester ses réflexes :

Sources : MotherBoardCNRS