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Mise au point de vitres solaires pour chauffer ou refroidir les bâtiments

Crédits : Wikimedia Commons

Dans le domaine de la construction, on recherche de plus en plus de solutions permettant de faire des économies d’énergie. Des chercheurs européens ont mis au point des fenêtres multifonctions composées de vitres solaires ayant la capacité de produire du chauffage ou de la climatisation.

Ce projet de recherche européen baptisé Fluidglass est actuellement mené à Vaduz (Liechtenstein) dans un container-test. Les vitres composant les fenêtres peuvent collecter l’énergie du soleil par le biais de leur surface extérieure, tandis que la surface intérieure sert à chauffer ou refroidir le container.

Ces vitres sont remplies d’un fluide en circulation capable d’adopter différents niveaux de teinture en fonction de l’ensoleillement. Ces toutes nouvelles vitres donnent alors l’espoir d’une sérieuse économie en énergie, mais pas seulement comme l’indique Anne-Sophie Zapf, architecte de l’Université du Liechtenstein et membre du projet : « Ces vitres sont plus ou moins opaques, donc elles protègent des rayons du soleil. Elles rafraîchissent ou chauffent le bâtiment et elles peuvent servir de panneaux solaires, elles absorbent les rayons du soleil et les transforment pour alimenter l’intérieur en énergie. »

Les jours où l’ensoleillement est fort, les fenêtres Fluidglass peuvent produire un kilowatt par heure ! Il faut savoir que le fluide qu’elles contiennent est très spécial puisqu’il s’agit d’un mélange d’eau, d’antigel et de particules magnétiques. Une seconde équipe située en Suisse, à l’Institut technique de Buchs (NTB), planche sur la nécessité de rendre ce fluide stable sur du long terme. Les chercheurs y sont récemment parvenus comme l’explique Daniel Gstöhl, ingénieur mécanique au NTB : « Ces particules ne doivent pas s’agglutiner : autrement dit, elles ne doivent pas se regrouper. Elles ne doivent pas se déposer sur la vitre avec le temps, mais rester sous forme d’une solution et si besoin, elles doivent être faciles à filtrer. »

Ainsi, le secret est l’élaboration d’une bonne méthode de remplissage de la vitre avec le fameux fluide afin d’avoir une bonne homogénéité sur toute la surface.

Le système mis au point est intelligent, piloté par un algorithme qui tient compte de facteurs tels que la fonction de la pièce à chauffer ou refroidir, le degré d’ensoleillement, les prévisions météorologiques ainsi que l’heure. La phase de test menée au Liechtenstein cet hiver laissera place à une autre phase de test en été à Chypre afin d’avoir la certitude que le système fonctionne et puisse faire l’objet d’une production industrielle destinée à la commercialisation dans quatre ans en cas de succès.

« Le principal secteur d’application de nos recherches pourrait être les immeubles de bureaux qui ont une grande proportion de surfaces vitrées sur leurs façades. Mais on a besoin de trouver des solutions, car avec le vent, c’est difficile d’y installer de grandes surfaces vitrées », concède-t-elle. « Les grands immeubles de bureaux restent malgré tout, notre cible privilégiée parce que les maisons individuelles présentent moins de surfaces vitrées et pour être performant, notre système nécessite le plus de vitrage possible », explique Anne-Sophie Zapf.

Sources : EuronewsLiechtensteiner Vaterland