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Covid-19 : des visons porteurs du virus s’échappent au Danemark et font craindre une contamination animale

Crédits : toadienaulls/pixabay

Plusieurs dizaines de visons potentiellement infectés par le nouveau coronavirus se sont récemment échappés des fermes d’élevage au Danemark. Les autorités craignent que le virus continue de muter dans la nature pour se propager finalement à d’autres espèces animales.

Début novembre, le Danemark décidait de gazer ses dix-sept millions de visons élevés en cage pour leur fourrure. En cause : la découverte chez plusieurs spécimens d’une mutation du SARS-CoV-2 susceptible de se transmettre à l’Homme. Toutefois, il semblerait que les autorités, dans la précipitation, se retrouvent un peu dépassées.

Des corps qui remontent, et des visons qui s’échappent

D’une part, parce que les corps de milliers de ces visons enterrés dans d’immenses fosses communes d’un mètre seulement de profondeur commencent à remonter à la surface. « Lorsque les corps se décomposent, il peut se former des gaz qui gonflent les tissus et poussent les corps hors de terre », explique en effet au Guardian Thomas Kristensen, un porte-parole de la police. Outre le manque de profondeur, le sol où ont été enterrés la plupart des visons est également très sablonneux et meuble, ce qui favorise la remontée des corps. Davantage de sable est d’ores et déjà déversé sur les fosses de manière à les recouvrir à nouveau.

Ceci dit, ce n’est pas l’unique problème auquel doivent faire face les autorités danoises. En effet, toujours d’après The Guardian, plus d’une centaine de visons infectés par le SRAS-CoV-2 se seraient peut-être échappés de ces fermes à fourrure, augmentant le risque que le nouveau coronavirus puisse se propager à d’autres animaux sauvages.

« Chaque année, quelques milliers de visons s’échappent, et cette année, environ 5 % de ces animaux échappés pourraient avoir été infectés par le SRAS-CoV-2 », a déclaré Sten Mortensen, directeur de la recherche vétérinaire à l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise.

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Crédits : jandenouden/Pixabay

Un risque faible, mais bien présent

Ce risque de transmission du virus à d’autres animaux reste faible dans la mesure où les visons sont des créatures solitaires. Sten Mortensen souligne néanmoins que les chats en liberté et d’autres membres de la famille des mustélidés pourraient être des sujets à risques en cas de contact avec des excréments de visons infectés. Le chercheur fait notamment référence au putois d’Europe (Mustela putorius), un proche parent des furets et des visons, qui peut être trouvé au Danemark.

En cas de propagation silencieuse chez les animaux sauvages, le SRAS-CoV-2 pourrait ainsi constituer une « menace pandémique permanente pour les humains et les animaux », a déclaré Marion Koopmans, responsable de la viroscience à l’Université Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas). « Il est également possible que, à mesure que le virus circule, il mute pour infecter un plus large éventail d’espèces animales qu’il ne le fait actuellement », ajoute Joanne Santini, microbiologiste à l’University College London.