Grâce à une reconstitution faciale numérique basée sur les restes d’ossements et de dents, vous vous apprêtez à regarder dans les yeux un homme qui vécut en Angleterre il y a 700 ans, au cours du XIIIe siècle.

L’individu baptisé « Contexte 958 » prit part à son insu à l’After the Plague project, un vaste projet lancé par l’Université de Cambridge au Royaume-Uni qui cherche à mieux comprendre comment les gens ont vécu et sont morts pendant cette période de l’histoire. L’homme du 13e siècle que vous allez voir a été enterré auprès de 400 autres personnes dans l’un des plus grands cimetières de Cambridge et il était probablement un pensionnaire de l’hôpital médiéval Saint Jean l’Evangéliste de la ville.

Âgé d’une quarantaine d’années au moment de sa mort, les indices recueillis sur son squelette et ses dents par les scientifiques britanniques révèlent une vie difficile. L’homme avait en effet « un squelette robuste » qui présentait les signes d’usure due à une vie de dur labeur faite de privations et de blessures guéries.

La chercheuse Sarah Inskip et le crâne du Contexte 958. Crédit : Laure Bonner

« L’hôpital Saint Jean était une institution charitable qui fournissait de la nourriture et un abri à une douzaine d’indigents de la ville », explique le professeur John Robb, de la division d’archéologie de l’université de Cambridge. « Certains d’entre eux étaient probablement malades, d’autres étaient âgés ou pauvres et ne pouvaient pas vivre seuls ». Notre ami « Contexte 958 » était probablement « malade » et « peut-être appauvri », avancent les chercheurs qui ne savent pas ce que faisait cet homme dans la vie. Ils suggèrent que c’était « sûrement une personne de la classe ouvrière ». En se basant sur une analyse de son squelette, les chercheurs savent néanmoins que l’homme avait un régime relativement riche en viande et en poisson pour quelqu’un qui n’était pas riche.

Chris Rynn /Université de Dundee

Le projet vise à « humaniser les gens du passé et à dépasser les faits scientifiques pour les considérer comme des individus ayant des histoires de vie et des expériences » et nous permet donc aujourd’hui de faire connaissance avec cet homme au visage si contemporain mort à l’époque médiévale il y a 700 ans. Nul doute que ces recherches financées jusqu’en 2021 nous promettront encore de découvrir d’autres visages grâce aux techniques toujours plus fines de reconstitution faciale.

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