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Que sait-on du virus Langya nouvellement identifié en Chine ?

Source : Pixabay

Des chercheurs surveillent étroitement la propagation d’un virus nouvellement identifié en Chine. Selon un nouveau rapport du New England Journal Of Medicine, le Langya henipavirus (LayV), comme on l’appelle, aurait déjà infecté plusieurs dizaines de personnes au cours des trois dernières années dans les provinces chinoises du Shandong et du Henan. Pour l’heure, aucun décès n’a toutefois été signalé.

Le Langya henipavirus (LayV) aurait été détecté pour la première fois fin 2018, mais n’a été formellement identifié que la semaine dernière. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un hénipavirus, une catégorie de virus zoonotiques à ARN comprenant le virus Hendra et le virus Nipah, tous deux associés à des taux de mortalité élevés. D’après les premières analyses génétiques, le Langya henipavirus (LayV) serait plus étroitement lié au virus Mojiang. Isolé dans le sud de la Chine, cet agent avait infecté six mineurs dans le comté autonome de Mòjiāng Hani, en Chine, tuant trois d’entre eux.

Pour l’heure, trente-cinq personnes auraient été touchées. La plupart des patients étaient agriculteurs ou des ouvriers d’usine et souffraient des symptômes suivants : fièvre, fatigue, toux, vomissements, nausées et maux de tête. Plusieurs d’entre eux présentaient également une insuffisance hépatique et rénale, ainsi qu’un faible taux de plaquettes ou de globules blancs.

Il n’y a eu aucun décès lié à ce virus à ce jour. Selon le professeur Wang Linfa, de la Duke-NUS Medical School et co-auteur de l’article, tous les cas répertoriés jusqu’à présent n’étaient pas non plus très graves.

Langya henipavirus chine
Micrographie électronique à transmission colorisée d’une particule extracellulaire mature du virus Nipah. Crédits : NIAID

Les musaraignes en réservoir ?

Selon le rapport, le virus a probablement été transmis des animaux aux humains. Des tests ont déjà été effectués sur plusieurs espèces. L’ARN viral de cet agent pathogène aurait été identifié dans plus d’un quart des 262 musaraignes testées, laissant à penser que ces rongeurs pourraient être un réservoir naturel. Le virus a également été détecté chez 2 % des chèvres domestiques et 5 % des chiens testés.

On ignore encore si le virus peut être transmis d’humain à humain. La recherche des cas contacts de neuf patients n’a en effet révélé aucune transmission par contact étroit pour le moment. Cependant, les chercheurs soulignent que la taille de leur échantillon est encore trop petite pour déterminer l’état de la transmission interhumaine.

L’ampleur de la menace n’est donc pas encore très claire. Pour cette raison, les chercheurs appellent au calme et poursuivent activement les recherches. Les Centres taïwanais de contrôle des maladies (CDC) ont notamment annoncé dimanche qu’ils mettraient en œuvre des mesures de séquençage du génome et de surveillance du virus.