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Un virus de l’herpès génétiquement modifié pour lutter contre les cancers de la peau

Crédits : PD-USGOV-HHS-CDC

Une équipe de chercheurs américains est parvenue à de très bons résultats concernant la lutte contre les cancers de la peau. Elle a utilisé un virus de l’herpès génétiquement modifié qui s’est montré efficace dans la destruction de cellules cancéreuses, tout en déclenchant une réaction immunitaire. 

Il s’agit là d’une nouvelle approche pour la lutte contre les mélanomes, appelée la virothérapie, et un premier essai de phase 3 de cette stratégie a montré des résultats probants, indiquent les chercheurs de l’Institute of Cancer Research à Londres, qui ont mené cette étude clinique publiée mardi 26 mai dans la revue américaine Journal of Clinical Oncology.

Des résultats si encourageants qu’aux États Unis, la FDA (Food and Drug Administration) a autorisé la mise sur le marché de ce traitement appelé T-VEC (Talimogene Laherparepvec), produit par l’américain Amgen. L’Agence européenne du Médicament devrait bientôt suivre.

Pour cet essai clinique, 436 patients atteints d’un mélanome avancé inopérable ont été retenus au hasard pour recevoir une injection de T-VEC ou une autre immunothérapie. Résultat, plus de 16 % des patients traités avec le T-VEC ont eu une réponse soutenue pendant plus de six mois comparativement à 2,1 % dans le groupe témoin. Certains malades ont même eu une rémission pendant plus de trois ans.

L’essai clinique a aussi montré que la virothérapie pourrait être envisagée comme toute première ligne de traitement contre les mélanomes, puisque la réponse du traitement a été plus prononcée chez les patients dont les cancers de la peau étaient moins avancés et chez ceux qui n’avaient eu aucun traitement auparavant. Comparativement, les 163 malades qui ont reçu le T-VEC et qui avaient un mélanome à un stade moins avancé ont survécu en moyenne 41 mois, contre 21,5 mois pour les patients du même stade, mais qui ont été traités par une autre immunothérapie.

« Il y a engouement grandissant pour la virothérapie comme le T-VEC contre le cancer, car elle permet de lancer une double attaque en détruisant les cellules cancéreuses directement de l’intérieur avec un virus qui les infecte et en dopant le système immunitaire pour cibler la tumeur elle-même et tout cela avec moins d’effets secondaires que la chimiothérapie ou d’autres immunothérapies nouvelles », explique le professeur Kevin Harrington de l’Institute of Cancer Research, un des principaux responsables de l’essai clinique.

Sources : Journal of Clinical Oncology, AFP

– Crédits photo : PD-USGOV-HHS-CDC