Des virus anciens pour lutter contre le réchauffement climatique

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Aux États-Unis, des chercheurs ont exploré une nouvelle piste pour lutter contre le réchauffement climatique. Ils proposent en effet d’utiliser des virus anciens afin de piéger les gaz à effet de serre dans les océans et de maintenir ceux qui se trouvent dans le permafrost. Comment cela pourrait-il être possible ?

Des virus anciens à « dompter »

Aujourd’hui, la question du réchauffement climatique préoccupe plus que jamais. Pour preuve, les chercheurs d’une étude publiée en fin d’année 2023 soulignait que les émissions de gaz à effet de serre (GES) pourraient conduire à un effondrement des sociétés plus rapidement que ce nous pensions, à savoir d’ici à 2100. Dans ce contexte, toute solution potentielle mérite d’être explorée, comme celle décrite dans un article publié par le journal Ohio State News le 17 février 2024. Les chercheurs y décrivent une nouvelle piste dont l’objectif est de réduire les effets du réchauffement climatique. Les auteurs ont pour ambition de « dompter » des virus anciens afin qu’ils piègent les gaz à effet de serre dans les océans.

« Les océans absorbent le carbone, ce qui nous protège du changement climatique. Le CO2 est absorbé sous forme de gaz et sa conversion en carbone organique est dictée par les microbes. Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que les virus ciblent les réactions les plus importantes dans les métabolismes de ces communautés microbiennes. Cela signifie que nous pouvons commencer à étudier quels virus pourraient être utilisés pour convertir le carbone dans le sens que nous souhaitons. », a déclaré Matthew Sullivan, professeur de microbiologie à l’Université d’État de l’Ohio (États-Unis).

chercheur scientifique
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Faire des virus nos alliés

À l’aide d’une intelligence artificielle, les scientifiques ont réalisé une sorte de bilan de compétences de centaines de milliers d’organismes viraux connus. Pas moins de 128 candidats ont été retenus, car jugés capables de lutter contre réchauffement climatique. Plus précisément, les virus auront pour mission de modifier le biome de l’océan et de faciliter certains mécanismes comme piéger le carbone dans les eaux ou encore limiter les émissions de méthane du permafrost (ou pergélisol) lors de sa fonte. Or, retenir le carbone et le méthane devrait permettre de réduire l’accélération de l’actuel effet de serre.

Habituellement, les virus causent toutes sortes de maladies et sont donc indésirables. Néanmoins, ceux-ci pourraient devenir de véritables alliés dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Il serait alors question de « virus VIP » que l’on cultiverait en laboratoire afin de les utiliser dans un domaine encore assez méconnu : la géo-ingénierie océanique.