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Quelle est la ville la plus toxique des États-Unis ?

Crédits : Wikimedia Commons / U.S. Army Corps of Engineers

Sur péninsule isolée le long de la côte nord-ouest de l’Alaska, se trouve une ville située à environ 50 kilomètres au nord du cercle polaire arctique. Aussi lointaine soit-elle, Kotzebue est aujourd’hui considérée comme la ville la plus toxique des États-Unis, selon une récente étude.

Peuplée d’environ 3 300 habitants, cette petite ville de l’Alaska est située en bordure de la mer des Tchouktches, à environ 53 km au-dessus du cercle polaire arctique. La ville abrite l’hôtel Nullaġvik, un certain nombre de chambres d’hôtes, plusieurs églises et un restaurant appelé Little Louie’s. Environ 70 % des 3500 habitants sont Esquimaux, et les traditions indigènes sont encore aujourd’hui très fortes. Beaucoup de résidents s’en tiennent autant que possible à un mode de vie de subsistance. Sur le papier, difficile à croire que la ville est aujourd’hui considérée comme la plus toxique des États-Unis, selon le Toxics Release Inventory (TRI).

L’inventaire exige que les installations industrielles impliquées dans l’exploitation minière, la production d’électricité et d’autres secteurs déclarent les quantités de produits chimiques toxiques rejetées dans l’environnement. En 2016, la ville aurait ainsi déversé dans l’environnement plus de 340 millions de tonnes de produits chimiques toxiques. C’est plus que la célèbre ville industrielle de Gary dans l’Indiana, la ville minière de Battle Mountain dans le Nevada, et que Luling en Louisiane, située le long du Mississippi, dominée par des usines pétrochimiques.

Pamela Miller, directrice exécutive de l’Alaska Community Action on Toxics, organisme de recherche sur la santé environnementale et de défense des intérêts basé à Anchorage, souligne que tous les déchets toxiques déversés ici proviennent de la mine Red Dog. Située à environ 130 km au nord de Kotzebue, c’est l’une des plus grandes mines de zinc et de plomb au monde. Les émissions, note Pamela Miller, se composent de plomb, de cadmium et de mercure. Ces éléments peuvent être toxiques pour les humains et sont susceptibles de s’attarder dans l’environnement pendant des années, balayés par les vents forts de la région ou s’accumulant dans les lichens, une source de nourriture pour le caribou, qui sont ensuite chassés par les humains.

La mine Red Dog, qui ouvrit ses portes en 1989, est exploitée par Teck, une société minière et métallurgique de la Colombie-Britannique. La mine est située sur un terrain appartenant à NANA, une société indigène de l’Alaska. Plus de 600 actionnaires de NANA travaillent chez Red Dog en tant qu’employés ou sous-traitants. Red Dog est donc « plus qu’une simple mine », peut-on lire sur le site web de NANA, « c’est un mécanisme d’espoir et de catalyseur pour l’économie du nord-ouest de l’Alaska ». Oui, mais à quel prix ?

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