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VIDÉO – une nouvelle version du Starship s’est envolée hier

Crédits : Trevor Mahlmann

Ce mardi soir, un peu plus d’une heure avant le coucher du Soleil, un nouveau prototype du Starship a décollé du Texas pour la première fois. Il s’est envolé à plus de 150 mètres avant de redescendre. Une étape cruciale qui, à terme, pourrait mener SpaceX vers la planète Mars.

Il y a deux ans, la Big Falcon Rocket de SpaceX était rebaptisée Starship. Une fois terminé, ce vaisseau qui devrait être le plus puissant du monde sera un système de transport entièrement et rapidement réutilisable, conçu pour transporter équipage et fret en orbite terrestre, mais également sur la Lune et sur Mars.

Évidemment, on n’y est pas encore. De nombreuses étapes vont encore devoir être franchies avant de pouvoir atteindre ces objectifs ambitieux. L’une d’elles s’est opérée en début de semaine. Il s’agissait pour SpaceX de faire s’envoler un nouveau prototype du Starship. Et tout s’est visiblement bien passé.

Ce mardi au Texas, l’unique moteur Raptor du “vaisseau” s’est en effet mis à rugir, poussant le véhicule de trente mètres de haut à environ cent cinquante mètres d’altitude. L’engin s’est alors déplacé latéralement avant de commencer à redescendre.

Un test critique

Sur ces images, ce prototype a davantage l’allure d’une gigantesque bombe de mousse à raser qu’un véritable Starship. En réalité, il ne s’agissait pas ici de l’intégralité du grand vaisseau spatial qui promet d’être coiffé au sommet d’une fusée Super Heavy. Cette dernière n’existe pas encore.

Ce prototype manquait en effet d’éléments structurels clés, tels que son nez ou ses ailes. Néanmoins, il proposait le futur système de propulsion du Starship. Dans le cadre de ce test, c’était finalement le plus important.

Les parties les plus critiques d’un vaisseau sont en effet le moteur et toute la plomberie qui l’alimente en oxydant et en carburant. Ensuite, vous avez besoin de grands réservoirs nécessaires pour maintenir ces propulseurs liquides à des pressions élevées et à des températures ultra-froides.

L’astuce consiste à construire ces structures aussi légères que possible, tout en étant également capables de contenir les propulseurs. Concrètement, l’un des aspects clés du test de mardi consistait à démontrer que la structure en acier inoxydable du Starship pouvait résister à l’environnement difficile d’un lancement et d’un atterrissage.

Notez que le véhicule de mardi portait le numéro de série 5, ou SN5. Il n’est que le deuxième prototype de Starship à décoller, et le premier à le faire depuis près d’un an. Un véhicule un peu plus trapu appelé Starhopper a de son côté effectué quelques brefs vols à l’été 2019. En revanche, le SN5 était une version plus grandeur nature du futur vaisseau spatial.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Elles sont encore un peu floues. Sur son site de lancement au sud du Texas, près du golfe du Mexique, SpaceX dispose néanmoins de plusieurs composants laissant à penser que d’autres prototypes plus structurés pourraient faire leur envol prochainement.

Le dernier de ces véhicules d’essai, le SN8, devrait normalement proposer un carénage (nez), des gouvernes et trois moteurs Raptor. D’après SpaceX, ce prototype pourrait s’envoler à environ 20 km d’altitude plus tard cette année.

Ensuite, il s’agira de construire le premier étage du Super Heavy, le lanceur chargé de propulser le vaisseau hors de la Terre.

Une fois que SpaceX aura démontré que Starship peut effectuer en vol orbital, il lui reste encore de nombreux obstacles à franchir avant de pouvoir atteindre Mars. Le plus notable d’entre eux sera la démonstration de ravitaillement en orbite terrestre basse. SpaceX a déjà conclu un accord avec la NASA pour développer la technologie autorisant ce type de manœuvre.

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