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VIDEO : un phénomène rare d’ondes de gravité observé au large de l’Australie

Crédits : capture vidéo / @andrewmiskelly.

Lundi dernier, une propagation inhabituelle d’ondes de gravité a pu être observée par satellite au nord-ouest du continent australien. Elles ont été initiées suite à plusieurs pulsions orageuses dans les régions de Kimberley et de Pilbara. 

Dans l’atmosphère, des perturbations de type « ondes de gravité » sont générées en permanence, que ce soit par l’activité orageuse, le relief, les cyclones tropicaux, etc. Toutefois, bien qu’elles puissent être source de fortes turbulences pour le trafic aérien, elles restent la plupart du temps invisibles à l’œil nu.

De fait, le côté inhabituel du phénomène observé ce 21 octobre repose essentiellement sur le caractère visible des ondulations générées. C’est en effet peu commun pour cette zone géographique. Les nuages et les poussières désertiques associés ont ici permis de suivre l’évolution du système d’ondes.

Lorsque l’observation directe ne les révèle pas spontanément, c’est par le biais du canal vapeur d’eau des satellites qu’elles sont habituellement repérées. On peut visionner ce canal sur l’animation plus bas. Le visible n’étant pas disponible la nuit pour des raisons évidentes, il vient ici le remplacer.

Ondes de gravité : une propagation remarquable 

L’animation satellite montre comment les ondes se sont propagées vers le large, au-dessus de l’océan Indien. Leur trajectoire suit une courbure antihoraire : elle s’oriente peu à peu vers l’ouest puis au sud-ouest (voir la seconde vidéo). Par ailleurs, l’étendue du front d’onde devient de plus en plus large. Enfin, on peut noter qu’une seconde pulsion est générée entre le 21 et le 22 octobre.

« Quand vous pensez aux vagues dans l’océan, il s’agit d’un type d’onde de gravité. Lorsque vous jetez un caillou dans un étang et que vous voyez des rides s’en échapper, ce sont également des ondes de gravité », explique Adam Morgan, météorologiste au BOM. « Ce sont des perturbations essentielles dans tout type de fluide. Nous les voyons souvent dans l’eau, mais l’atmosphère est aussi un fluide. De sorte que toute perturbation à l’intérieur peut générer des vagues ».

Une conséquence de l’activité orageuse

Entre le 20 et le 22 octobre, c’est l’activité orageuse au nord-ouest de l’Australie qui a initié ces vagues atmosphériques. Le front d’onde correspond en fait à l’avancée de poches d’air froid en basse couche. Celles-ci étant causées par le refroidissement lié aux précipitations. Ces poches s’étalent à la manière d’un courant de densité dans l’environnement plus chaud qui les entoure.

« La perturbation existera jusqu’à ce que tout se rééquilibre. C’est pourquoi elle peut parcourir un long chemin », précise Adam Morgan. « Si vous êtes déjà allé à la piscine et que quelqu’un saute à l’intérieur, il est possible que vous obteniez une vague atteignant l’autre bout de la piscine après un certain temps ».

Enfin, notons que les ondes de gravité peuvent donner lieu à des manifestations singulières lorsqu’elles interagissent avec une couche nuageuse stratiforme. Ce fut par exemple le cas le 15 octobre dernier au centre des États-Unis.

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