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Regardez ce météore « rebondir » sur l’atmosphère terrestre

Crédits : Global Meteor Network

En 2020, un météore pénétrait dans l’atmosphère terrestre avant de « rebondir » et de filer à nouveau dans l’espace. Les caméras du Global Meteor Network ont réussi à filmer le passage express de ce visiteur.

Au cours de son voyage autour du Soleil, la Terre se retrouve très souvent dans la ligne de mire de roches spatiales. Certaines ne font que passer à bonne distance, d’autres brûlent dans l’atmosphère, tandis que d’autres finissent par s’écraser au sol. Parfois cependant, il peut arriver que certaines roches « rebondissent » dans l’atmosphère avant de se diriger à nouveau dans l’espace.

Des phénomènes de ce genre, des sortes de « ricochets » cosmiques, ont déjà été rapportés. Le plus ancien exemple connu est celui du grand météore de 1860 qui avait traversé les États-Unis le 20 juillet de cette année-là. D’autres exemples tels que l’événement de 1913 au-dessus du Canada et des Bermudes ou celui du 13 octobre 1990 visible au-dessus de la Tchécoslovaquie et de la Pologne sont également retrouvés dans la littérature scientifique.

Plus récemment, le 7 juillet 2017, l’un de ces météores a également traversé le ciel australien à plus de 56 000 km/h, illuminant le ciel pendant 90 secondes. Selon de récents calculs, l’objet originaire de la ceinture d’astéroïdes se dirigerait aujourd’hui vers Jupiter.

Ceci dit, l’une de ces roches s’est de nouveau illustrée le 22 septembre dernier, visible à l’horizon nord, au-dessus de l’Allemagne et des Pays-Bas. Repéré par le Global Meteor Network, le petit météoroïde aurait « rebondi » sur l’atmosphère terrestre à environ 91 kilomètres d’altitude, soit bien plus bas que les satellites en orbite. Il s’est ensuite redirigé vers l’espace, en témoigne cette courte vidéo :

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Crédits : Global Meteor Network, D. Vida, P. Roggemans, J. Dörr, M. Breukers, E. Harkink, K. Jobse, K. Habraken

Pourquoi ce météore a-t-il rebondi ?

En fait, il n’a pas pénétré suffisamment l’atmosphère pour pouvoir brûler. Son angle d’entrée dans était également très bas par rapport à l’horizon. Par ailleurs, d’après les calculs des chercheurs, ce météore semblait filer à plus de 34,1 km / s. La vitesse de fuite de la Terre étant de 11,2 km / s, la roche se déplaçait donc suffisamment rapidement pour se défaire de l’attraction gravitationnelle de notre planète et ainsi rejoindre l’espace.

Selon Dennis Vida, qui dirige le Global Meteor Network, ce météore serait lui aussi le fragment d’un astéroïde troyen, une famille de roches qui partagent l’orbite Jupiter autour du Soleil, aux alentours des points de Lagrange L4 et L5 du système Soleil-Jupiter (60 degrés en avance ou en retard sur Jupiter). En revanche, il n’a pas encore pu déterminer le corps parent dont il est issu.