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Vidéo : des chercheurs capturent un virus sur le point de pénétrer dans une cellule

virus HIV
Crédits : Artem_Egorov / iStock

Des scientifiques de l’Université Duke ont pu capturer les mouvements frénétiques d’un virus cherchant à infecter une cellule en temps réel. La vidéo montre une partie du processus qui est habituellement très difficile à appréhender. À terme, ce type d’approche pourrait aider à mieux comprendre la manière dont les agents pathogènes infectent nos cellules. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Nature Methods.

Suivre un virus en temps réel

Pour se répliquer, les virus ont besoin de pénétrer dans nos cellules, tandis que ces dernières ont développé un certain nombre de barrières pour s’en protéger. Dans les intestins par exemple, une couche de cellules protectrices sécrétant du mucus leur permet de se protéger contre ces attaques, mais il arrive parfois que les virus arrivent quand même à entrer. Comment opèrent-ils ? C’est la question que ce sont posés Kévin Welsher et son équipe de l’Université Duke.

Observer un tel processus n’est pas simple. En effet, les virus sont non seulement beaucoup plus petits que les cellules, mais ils se déplacent également très rapidement. Pour surmonter ces problèmes, l’équipe a développé une nouvelle méthode combinant essentiellement deux microscopes. L’idée consiste tout d’abord à « marquer » un virus avec un composé chimique fluorescent. Un microscope de suivi balaie ensuite un laser sur le virus marqué afin de mettre à jour sa position en « temps réel » (tous les millionièmes de seconde). Pendant ce temps, le second microscope prend des images en trois dimensions des cellules autour du virus.

Mouvements frénétiques

Pour tester leur approche, les chercheurs ont utilisé une version de la stomatite vésiculeuse qui provoque de légères fièvres chez l’homme et d’autres animaux.

Comme vous pouvez le constater, la vidéo nous montre le virus en train d’effectuer des mouvements frénétiques à une vitesse folle, touchant au hasard la surface des cellules environnantes. Pour utiliser une métaphore de l’invasion de domicile, le moment capturé sur vidéo « serait la partie où le cambrioleur n’a pas encore cassé la fenêtre », explique Courtney « CJ » Johnson, co-auteure de l’étude.

Malheureusement, les chercheurs ne peuvent encore suivre une particule virale que pendant quelques minutes avant que le composé fluorescent ne disparaisse. À terme, l’idée serait de développer des composés de suivi plus brillants et plus durables dans le but de pouvoir suivre ces mouvements pendant plusieurs dizaines de minutes dans le but d’appréhender l’ensemble du processus. À l’avenir, cette incroyable technique pourrait alors aider à  mieux appréhender la façon dont les virus infectent les cellules.