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Vers une mission longue durée sur Vénus ?

Crédits : La surface de Vénus / Nasa

Dans la revue AIP Advances, des ingénieurs de la NASA annoncent avoir conçu un circuit électronique capable de supporter les conditions infernales qui règnent sur la surface de Vénus. De quoi permettre une mission longue durée sur la planète jusqu’alors inaccessible.

Étant donné qu’un voyage aller-retour sur Vénus serait 30 à 50 % plus court qu’un simple billet aller pour Mars, on est en droit de se demander pourquoi tant d’efforts scientifiques se tournent vers la planète rouge au détriment de celle qui fut un jour la jumelle de la Terre, non ? Mais notre sœur est diabolique et n’offre que des paysages cuisants et toxiques. Ce n’est donc pas ce que l’on pourrait appeler « une terre d’accueil ». L’une des dernières sondes à s’être aventurée près de la planète, Venera 13 (1982), n’a tenu que 2 heures et 7 minutes sur la planète… C’est dire. Vénus est aujourd’hui le pire endroit à visiter dans le système solaire et pourtant, la NASA aimerait tout de même y faire un tour.

Une version minuscule de l’Enfer sur Terre se cache à Cleveland, dans l’Ohio : une chambre d’acier de 14 tonnes qui recrée fidèlement les conditions toxiques et brûlantes retrouvées sur Vénus. Le but : pouvoir tester tout un panel de matériaux pouvant résister à une mission sur le long terme en recréant ces conditions extrêmes sur Terre. De nouveaux produits électroniques développés par la NASA pourraient en effet nous donner notre meilleure chance de pouvoir étudier la planète. Il y a quelques jours, les ingénieurs annonçaient d’ailleurs avoir conçu un circuit électronique capable de durer cent fois plus longtemps que les précédents circuits.

Le circuit électronique avant et après avoir été testé / Nasa

Cela signifie que nous pourrions enfin avoir les bases technologiques pour espérer une mission longue durée sur Vénus. Sur Mars, les découvertes s’enchaînent grâce au rover Curiosity. Mais Curiosity a du temps pour récolter, évaluer des centaines de données scientifiques. Sur Vénus, c’est aujourd’hui impossible tout simplement parce que l’environnement ne le permet pas. Les données récoltées par les quelques sondes russes s’étant aventurées près de Vénus rapportent en effet une atmosphère composée à près de 97 % de dioxyde de carbone (environ cent fois plus épaisse que l’atmosphère terrestre) et une température de surface avoisinant les 460 °C, soit deux fois la température nécessaire pour enflammer le bois et faire fondre le plomb.

Une toute nouvelle approche est donc nécessaire. À cette fin, les ingénieurs du Centre de recherche ont développé des circuits intégrés semi-conducteurs à partir de carbure de silicium, un matériau hautement résistant à la chaleur, alors que les puces de silicium classiques ne résistent que jusqu’à 250 °C. En testant ce nouveau composé dans leur chambre d’acier censée recréer les conditions infernales qui règnent sur Vénus, les chercheurs se sont alors rendu compte que ces nouveaux circuits intégrés pouvaient résister à ces conditions pendant 521 heures, soit cent fois plus longtemps qu’auparavant.

Alors que les ambitions vénusiennes de la NASA sont pour le moment « en attente » en faveur d’autres missions de recherche, il est tout de même encourageant de savoir que l’étude de cette planète attirante, mais terrifiante est maintenant réalisable, au moins technologiquement parlant.

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