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Les vers de terre pourraient se reproduire sur Mars

Crédits : Rob Hille/Wikimedia Commons

Des expériences menées ici, sur Terre, suggèrent que la composition du sol de Mars ne devrait pas empêcher des vers de terre d’évoluer. Plus surprenant encore, ils pourraient même se reproduire.

Pour espérer survivre sur Mars, il faut pouvoir cultiver. Vous pourriez emmener quelques sacs de courses, mais vous n’irez pas bien loin avec. C’est pourquoi, avant de penser à envoyer une première salve d’astronautes, la NASA tente, ici sur Terre, de simuler en laboratoire les conditions retrouvées sur la planète rouge. Pour nourrir les futurs humains sur Mars, un écosystème agricole durable est en effet une nécessité. Et dans cet écosystème, les vers joueront un rôle crucial, décomposant et recyclant les matières organiques mortes. De récentes expériences visant à étudier leur comportement dans le sol martien ont d’ailleurs mené à une découverte surprenante : non seulement les vers pourraient survivre, mais ils pourraient également se reproduire.

« Le caca et le pipi des martiens (humains) devront être utilisés pour fertiliser le sol, mais pour des raisons pratiques et de sécurité, nous utilisons actuellement du lisier de porc. Nous avons depuis observé la croissance des vers de terre dans ce sol de Mars simulé, et avons découvert que le fumier a stimulé leur croissance. Ils étaient actifs » , explique Wieger Wamelink, de la Wageningen University & Research. « Cependant, la meilleure surprise est venue à la fin de l’expérience lorsque nous avons trouvé deux jeunes vers dans le sol ».

Ils peuvent donc se reproduire dans les sols martiens et c’est une excellente nouvelle pour le futur de la conquête spatiale. Les vers sont en effet très importants pour les sols, non seulement sur Terre, mais aussi dans les futurs jardins intérieurs sur Mars ou sur la Lune. Ils se nourrissent de matières organiques mortes telles que de vieux restes de plantes, qu’ils mangent, mâchent et mélangent avec le sol avant de les excréter. Cette matière fécale contient encore de la matière organique qui se retrouve alors dégradée par les bactéries, libérant ainsi des nutriments tels que l’azote, le phosphore et le potassium, ensuite utilisés par les plantes. En creusant des terriers, les vers aèrent et améliorent également la structure du sol, ce qui rend l’arrosage des plantes plus efficace. Des expériences antérieures ont en effet révélé que sur Mars l’eau ne pénétrerait pas facilement dans le sol. Le chercheur confirme ici que « l’application de vers résoudra ce problème ».

Ces expériences s’inscrivent ici dans le projet Food for Mars and Moon qui vise à mettre en place un système agricole durable dans le but de nourrir les futurs humains vivant sur Mars ou sur la Lune. Les chercheurs utilisent pour ce faire des simulateurs de sol fournis par la NASA. Les « simulants » proviennent d’un volcan à Hawaii (pour Mars) et d’un désert en Arizona (pour la Lune). Les expériences ont débuté en 2013. De nos jours, nous pouvons cultiver plus d’une douzaine de cultures (la seule espèce qui a résisté jusqu’à présent à nos efforts est l’épinard). Cependant, des cultures comme les haricots verts, les pois, les radis, les tomates, les pommes de terre, les carottes et le cresson semblent toutes possibles.

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