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Verdun : l’ancien champ de bataille regorge aujourd’hui de vie

Crédits : Rémi de matos Machado

Il y a un peu plus de 100 ans, Verdun était le théâtre de l’une des plus importantes batailles de l’Histoire. Aujourd’hui, le site regorge de vie.

Le 21 février 1916, Verdun devint le site de l’une des batailles les plus longues et les plus sanglantes de la Première Guerre Mondiale. Au lendemain de ­l’armistice du 11 novembre 1918, la région ressemblait à un terrain vague lunaire et boueux, marqué de cratères. On estime que plus de 300 000 personnes ont perdu la vie pendant la bataille, dont plus de 80 000 dormiraient encore sous la forêt. Le sol est également parsemé d’une vingtaine de millions d’obus qui n’ont toujours pas explosé.

Mais après la mort vint la vie

Coquelicots, bleuets, marguerites, chauves-souris ou crapauds… très vite la nature a repris ses droits. En 1919, l’État a créé une zone rouge le long de la ligne de front, allant de la mer du Nord à la Suisse. Là où on cultivait autrefois le blé, l’avoine, l’orge, le seigle et les pommes de terre, l’agriculture est désormais ­interdite.

En lieu et place, on décide alors de planter des pins et des épicéas, des arbres capables de prospérer dans des sols pauvres en nutriments.

Depuis la forêt a évolué. Dans les années 1960, certains des épicéas ont en effet été abattus et remplacés par des hêtres européens, originaires de la région. On retrouve également de l’Herbe aux yeux bleus (Sisyrinchium montanum), dont les graines ont sûrement été déposées par les sabots des chevaux de l’armée américaine de passage dans la région. Sans oublier la gentiane, que les soldats allemands utilisaient pour faire des spiritueux.

La faune a également pris ses aises. La forêt accueille des espèces forestières : oiseaux et petits mammifères (renards, blaireaux, lièvres, rongeurs) sont présents. Chez les grands mammifères, les sangliers, cerfs et chevreuils sont également bien représentés.

Les créatures les plus colorées (mais les plus difficiles à repérer) sont sans doute les crapauds sonneurs à ventre jaune (Bombina variegata), retrouvés parfois dans les cratères inondés. On n’oublie pas non plus les milliers de chauves-souris nichant dans les bunkers abandonnés.

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Un spécimen de Bombina variegata retrouvé dans la forêt de Verdun. Crédits : Rémy de Matos Machado

Un écosystème encore fragile

La faune et la flore sont peut-être florissantes à Verdun, mais elles n’en restent pas moins très fragiles. Les touristes à la recherche de monuments commémoratifs ou de matériaux de guerre peuvent en effet représenter certaines menaces. Les obus à gaz qui sont restés des années dans le sol humide, voient leurs enveloppes se dégrader et menacent de libérer des produits nocifs qui pourraient avoir à terme des effets dévastateurs sur l’environnement.

Notons enfin que Verdun est par ailleurs assiégé par un ennemi souvent invisible : le dendroctone. Ce coléoptère s’attaque ici aux épicéas qui constituent encore un tiers de la forêt. Ces petites créatures meurent généralement durant les mois les plus froids en hiver, mais à cause du réchauffement des températures, beaucoup survivent. En conséquence, davantage d’épicéas sont touchés.

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