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Ce petit ver noir baptisé Covid menace les jardins français

Crédits : PeerJ / Muséum National d’Histoire Naturelle

Une étude récente fait état de la présence en France d’un ver noir et plat à tête de marteau. Ce dernier, qui n’a aucun rapport avec les vers de terre habituels, représente une menace pour nos extérieurs. Apparu en 2019, ce ver serait présent en Italie, mais également sur l’île de Mayotte.

Une espèce de ver jusqu’ici inconnue

Dans nos jardins et autres sols, les vers de terre sont très utiles. En effet, ils creusent de multiples galeries et laissent derrière eux une terre ameublie. Cela permet une bonne aération des sols, un meilleur écoulement de l’eau ainsi qu’un développement plus franc des racines des plantes. Néanmoins, tous les vers de type lombric ne sont pas nécessairement bénéfiques. Une étude parue dans la revue PeerJ le 1er février 2022 décrit d’ailleurs la présence en France d’un ver noir pétrole représentant une menace pour les sols. Il mesure entre deux et trois centimètres de longueur et est doté d’une tête dont la forme rappelle celle d’un marteau (voir vidéo en fin d’article).

Les chercheurs de l’étude, dont Jean-Loup Justine du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, ont tout d’abord passé en revue la littérature scientifique internationale. Ils pensaient en effet qu’il s’agissait d’une sorte de variant d’une espèce de vers plats plus grands. En réalité, il s’agit d’une autre espèce puisque son génome est complètement différent.

ver noir tête plate
Crédits : PeerJ / Muséum National d’Histoire Naturelle

Une conséquence de la mondialisation

Selon les scientifiques, le ver noir serait apparu dans les Pyrénées-Atlantiques où le climat est favorable à son développement. Le risque principal n’est autre que le bouleversement de la biodiversité des sols. En effet, le ver est considéré comme étant envahissant (ou invasif) et consomme diverses proies, dont de petits escargots, dégradant au passage l’équilibre du biotope local. Les chercheurs ont également mentionné une présence en Italie (en Vénétie et à Rome), mais aussi sur l’île française de Mayotte.

A l’instar d’un bon nombre d’espèces animales invasives, le ver plat n’a pas été introduit volontairement. En effet, sa présence est le résultat de la mondialisation, plus précisément de la circulation de marchandises aux quatre coins du globe. En quelques jours seulement, de telles espèces peuvent effectivement se retrouver à des dizaines de milliers de kilomètres de leur lieu d’origine.

Enfin, les chercheurs ont baptisé cette nouvelle espèce Humbertium covidum, expliquant que leurs travaux avaient débuté en 2020 lorsque les laboratoires étaient fermés en raison des épisodes de confinement. Par ailleurs, l’appellation Covid pour nommer ce ver représentait un hommage aux victimes du coronavirus. Pour les scientifiques, ce nom est également assez approprié à un organisme invasif provenant d’Asie.