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Vénus recevra deux visiteurs terrestres la semaine prochaine

Crédits : JAXA

Les sondes Solar Orbiter et BepiColombo effectueront des survols de Vénus dans quelques jours à moins de trente heures d’intervalle dans le but de profiter d’un système de freinage gravitationnel.

Les voyages dans le Système solaire ne se font pas en ligne droite et sont très énergivores. Pour atteindre une planète, une lune ou un astéroïde tout en minimisant les quantités de carburant disponibles, les ingénieurs s’appuient alors sur des effets de « fronde gravitationnelle ». Lorsqu’une sonde passe près d’une planète, elle subit en effet son attraction gravitationnelle et se retrouve subitement accélérée. Ces techniques permettent également de se replacer sur des trajectoires souhaitées.

Pour atteindre le Système solaire interne et la destination souhaitée, les sondes ont besoin d’un certain nombre de survols impliquant plusieurs planètes. Or, deux manœuvres de ce type sont attendues la semaine prochaine.

Vénus à de la visite !

Le 9 août prochain, à 6h42 (heure française), la sonde Solar Orbiter de la NASA/ESA se rapprochera à 7 995 km de Vénus dans le but de sortir du plan de l’écliptique (le plan géométrique contenant l’orbite de la Terre autour du Soleil). De cette manière, la sonde gagnera en vitesse pour se diriger vers les pôles du Soleil, à environ 42 millions de kilomètres de notre étoile. À titre de comparaison, c’est à peu près au même niveau que la planète Mercure.

D’après l’ESA, il ne sera malheureusement pas possible de recevoir des images haute résolution de Vénus durant ce survol. La sonde Solar Orbiter est en effet orientée dans le « mauvais sens » afin de maintenir ses panneaux solaires pointés vers le Soleil.

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Illustration d’artiste de la sonde Solar Orbiter. Crédits : ESA

Le 10 août à 16h48 (heure française), la sonde BepiColombo de l’ESA/JAXA se rapprochera elle aussi de Vénus, à environ 550 km de la planète, pour se diriger vers Mercure, qu’elle rejoindra en 2025. Il s’agira du second survol de Vénus par la sonde qui devra également effectuer six survols de Mercure avant de pouvoir se placer sur son orbite finale.

Notez que la caméra principale de la sonde ne sera pas non plus disponible pour immortaliser ce survol. En revanche, des images basse résolution en noir et blanc seront renvoyées par deux des caméras de surveillance de BepiColombo.

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En octobre 2020, BepiColombo s’était déjà rapprochée de Vénus. Le vaisseau en a profité pour photographier la planète. Crédits : ESA / BepiColombo

Une fois sur place, BepiColombo devra libérer deux orbiteurs. Celui de l’ESA, le Mercury Planetary Orbiter (MPO), réalisera une cartographie complète de Mercure, tandis que le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO), développé par la JAXA, se chargera d’étudier son champ magnétique et sa magnétosphère.