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Vénus aurait pu être habitable pendant 3 milliards d’années

Vénus avec de l'eau. Crédits : NASA

Une étude nous apprend que Vénus aurait pu avoir de l’eau liquide et un climat tempéré pendant trois milliards d’années. Avant de se transformer, il y a 700 millions d’années, en une planète infernale.

La surface de Vénus est le pire endroit où vous pourriez vous trouver dans le système solaire. La température moyenne de surface est de 462 °C, la pression de surface est 90 fois supérieure à celle de la Terre et des nuages d’acide sulfurique évoluent au-dessus de vos têtes. Mais ces conditions n’ont pas toujours été aussi dantesques. Les différentes missions dirigées vers la planète suggèrent en effet que la “sœur diabolique” de la Terre était autrefois possiblement plus accueillante. Une récente étude, présentée il y a quelques jours lors de la réunion commune du Congrès européen des sciences planétaires, confirme aujourd’hui ces soupçons.

De l’eau liquide et des températures stables

En 1978, la mission Pioneer 12 de la NASA, arrivée près de Venus, a relevé des indices selon lesquels la planète aurait peut-être déjà abrité des océans. Pour ces travaux, les chercheurs Michael Way et Anthony Del Genio, de l’Institut Goddard pour les sciences de l’espace (GISS) de la NASA, ont effectué quelques simulations en s’appuyant sur cette idée. Cinq modèles ont été développés, chacun supposant plus précisément un niveau différent de couverture en eau. Les chercheurs ont également pris en compte plusieurs données essentielles, tels que l’augmentation du rayonnement solaire (le Soleil en train de “grandir” à cette époque), ainsi que la composition atmosphérique changeante de la planète.

Il a alors été constaté que dans les cinq scénarios, Vénus était capable de maintenir une composition atmosphérique similaire à celle de la Terre aujourd’hui. Ainsi que des températures stables, comprises entre 20 °C et 50 °C, et de l’eau liquide en surface. Et ce pendant environ trois milliards d’années. Autrement dit, Vénus aurait pu être une planète habitable suffisamment longtemps pour être habitée. Il y a entre 700 et 750 millions d’années en revanche, des événements opérés en surface (peut-être des activités volcaniques) ont entraîné une libération importante de dioxyde de carbone, jusqu’alors stocké dans les roches. L’effet de serre a fait le reste, transformant un monde autrefois accueillant en un véritable enfer.

Impression d’artiste de la surface de Vénus de nos jours. Crédits : Agence spatiale européenne

Étendre la recherche d’exoplanètes

Cette nouvelle étude est également très intéressante d’un point de vue astrobiologique. Beaucoup de chercheurs considèrent en effet que Vénus se situe au-delà de la limite intérieure de la zone habitable de notre système. Autrement dit, on supposait jusqu’à présent que la planète évoluait trop près de notre étoile pour espérer avoir de l’eau véritablement liquide. Or, ces nouvelles simulations prouvent le contraire.

« Vénus reçoit actuellement presque deux fois plus de rayonnement solaire que la Terre. Cependant, dans tous les scénarios que nous avons modélisés, nous avons constaté que Vénus pouvait toujours supporter des températures de surface acceptables pour l’eau liquide », notent les chercheurs. Ce constat pourrait donc nous amener à étendre nos recherches d’exoplanètes, en incluant les mondes positionnés dans la “zone de Vénus”.

Rappelons par ailleurs que si Vénus est aujourd’hui infernale, la NASA imagine tout de même envoyer un jour des Hommes dessus. Mais pas à la surface : dans les nuages. La mission HAVOC (High Altitude Venus Operational Concept) promet en effet de pouvoir évoluer dans la haute atmosphère de la planète – semblable à la Terre cette fois – à bord de dirigeables. Ce ne sont pour l’heure que des idées sur papier. Mais qui sait, nous pourrions un jour évoluer dans les nuages de Vénus.

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