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Les vents violents de Jupiter s’engouffrent jusqu’à 3 000 kilomètres de profondeur

Crédits : Nasa

Un peu plus d’un an après son insertion orbitale autour de Jupiter, la sonde Juno continue à explorer le système jovien. Elle parcourt actuellement sa huitième orbite scientifique : une occasion de scruter à nouveau Jupiter et ses profondeurs. Il y a quelques jours, les instruments révélaient notamment que les fameuses bandes de vents tourbillonnants de la planète s’étendent sur des milliers de kilomètres.

Les hauts nuages composés d’ammoniac visibles sur la « surface » de Jupiter sont organisés en une douzaine de bandes parallèles à l’équateur et sont bordés par des courants atmosphériques (des vents) connus sous le nom de courants-jets. Les courants n’ont pas la même couleur : les foncés sont appelés « bandes », tandis que les clairs sont appelés « zones ». Ces zones, qui sont plus froides que les bandes, correspondent à l’air ascendant, tandis que les bandes sont de l’air descendant. Les origines de cette structure en bandes et en courants ne sont pas très bien connues. Jusqu’à présent notamment, les chercheurs n’ont pas été en mesure de dire si ces bandes étaient confinées en « surface » (en couche peu profonde) ou si elles pénètrent plus profondément dans la planète.

«  Déterminer cela est l’un des principaux objectifs de la mission Juno« , expliquait le 18 octobre dernier Yohai Kaspi, géophysicien à l’Institut Weizmann des sciences à Rehovot, en Israël, lors de la Division des sciences planétaires de l’American Astronomical Society qui se tenait à Provo, aux États-Unis. Cette question vient de trouver sa réponse. Les derniers résultats montrent notamment que le matériel s’écoule jusqu’à 3 000 kilomètres de profondeur. Il pourrait même y avoir des « couches » de vents à l’intérieur de Jupiter qui se déplacent à des vitesses différentes. Les chercheurs tentent maintenant de savoir à quelles profondeurs s’étend la fameuse Grande Tache rouge. Les premières analyses avaient laissé entendre que cette gigantesque tempête de plusieurs milliers de kilomètres de diamètre pouvait prendre racine jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres de profondeur.

Il est facile d’oublier à quel point Jupiter est chaotique, tant la géante est resplendissante. Rappelons que la mission la sonde Juno s’achèvera vers le mois de février 2018, en se précipitant vers la « surface » où elle se désintégrera, imitant sa cousine Cassini sur Saturne il y a quelques semaines. Au vu de ces derniers résultats, il ne fait aucun doute que Juno va connaître l’enfer.

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