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Ces millions de véhicules “polluants et dangereux” revendus en Afrique

Crédits : ninastock/pixabay

Selon un nouveau rapport de l’ONU, des millions de véhicules d’occasion (voitures, fourgonnettes et minibus) sont exportés chaque année d’Europe, des États-Unis, de Chine et du Japon vers des pays plus pauvres. En plus d’être dangereux, ces véhicules sont également très polluants, entravant les efforts de lutte contre le changement climatique.

On estime que plus de 1,4 milliard de véhicules sont actuellement en circulation sur les routes du monde entier. Ce nombre devrait continuer d’augmenter à mesure de l’évolution de la population mondiale. Une grande partie de cette croissance s’opère dans les pays en développement d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Ce marché séduit naturellement de nombreux pays “développés” dont le parc automobile est en plein renouvellement. Et forcément, il y a des dérives.

Des millions de véhicules “déversés” vers les pays en développement

Selon un nouveau rapport signé du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), environ 14 millions de véhicules d’occasion ont été exportés d’Europe, du Japon et des États-Unis vers des pays à revenu faible ou intermédiaire entre 2015 et 2018. Plus de la moitié de ces pays se trouvent en Afrique. D’après les experts, jusqu’à 80% de ces véhicules ne respectent pas les normes minimales environnementales et de sécurité des pays exportateurs.

En 2017, l’âge moyen d’un véhicule diesel importé en Ouganda était de plus de 20 ans“, explique Jane Akumu, coauteure de l’étude. “C’est la même histoire pour le Zimbabwe. En fait, une trentaine de pays d’Afrique n’ont pas de limite d’âge pour les voitures. Ainsi, tout type de véhicule, quel que soit son âge, peut entrer sur ces territoires“.

Ces importations sont notamment responsables de l’augmentation des accidents de la route dans de nombreux pays africains et asiatiques. Et pour cause, les systèmes de freins antiblocages, airbags et autres convertisseurs catalytiques sont généralement récupérés des véhicules avant importation, ces éléments ayant une importante valeur marchande sur le marché noir.

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Crédits : MJO/pixabay

Une réglementation plus stricte

Les réglementations sur les importations de véhicules dans la majorité des 146 pays étudiés sont donc jugées “trop faibles“. Aussi, l’ONU demande à ce que les exportateurs et importateurs “s’engagent à mettre en place des règles plus strictes pour endiguer le flux de ces voitures“.

Parmi les véhicules mentionnés, plus de 54% provenaient d’Europe, et notamment des Pays-Bas. Les autorités néerlandaises se sont dites préoccupées par ce commerce, mais le pays ne peut agir seul. Aussi, le ministre néerlandais de l’Environnement, Stientje van Veldhoven, en appelle à une “approche européenne coordonnée” et à “une coopération étroite entre les gouvernements européens et africains” afin de “garantir que l’UE n’exporte que des véhicules adaptés et conformes aux normes fixées par les pays importateurs“.

Plusieurs pays importateurs ont déjà durci leurs réglementations. C’est notamment le cas du Maroc, qui n’autorise que l’importation de voitures de moins de cinq ans. Le Kenya fixe quant à lui désormais la “limite d’âge” des véhicules importés à huit ans.