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Vapeur vaginale pour nettoyer les parties intimes : une tendance inquiétante

Crédits : Pixabay

De plus en plus de messages sur Internet recommandent la “vapeur vaginale” pour se nettoyer les parties intimes. Il n’existe à ce jour aucun fondement scientifique permettant de soutenir cette pratique, et les dangers sont bien présents. En témoigne un nouveau rapport de cas.

C’est, semble-t-il, la tendance en ce moment. L’idée : se placer au-dessus d’une casserole d’eau bouillante dans le but de nettoyer et détoxifier ses parties intimes. Grâce aux vapeurs, et à quelques herbes. La pratique, qui nous vient de Chine, devient de plus populaire, au point que certains chercheurs commencent à s’inquiéter. Ces vapeurs ne seraient en effet pas sans danger. Il y a quelques jours, le Journal of Obstetrics and Gynecology Canada rapportait d’ailleurs le cas d’une femme de 62 ans, brûlée après s’être positionnée à deux reprises au-dessus d’une casserole d’eau bouillante.

Brûlures au second degré

La mesure semblait désespérée. Cette patiente, en effet, n’essayait pas de nettoyer ses parties intimes, mais de lutter contre prolapsus vaginal au stade IV (son col entier est complètement à l’extérieur de la vulve). Une procédure chirurgicale était nécessaire pour tenter de régler le problème. La patiente avait bel et bien consenti il y a quelques semaines à effectuer cette opération, rapporte la gynécologue Magali Robert, de l’Université de Calgary (Canada), mais elle avait également parallèlement demandé l’avis d’un praticien alternatif.

Celui-ci, apprend-on, lui aurait ainsi conseillé une infusion avec des herbes (inconnues), à placer directement sous le vagin. Deux fois 20 minutes, pendant deux jours. D’où les brûlures au second degré. Une fois la patiente admise aux urgences les plus proches, les médecins lui ont administré une pommade antibiotique. L’opération chirurgicale a donc été remise à plus tard, en attendant que les tissus guérissent.

vapeur vaginale
Crédits : Pixabay

Aucun fondement scientifique

Pour les chercheurs, ce rapport de cas malheureux doit servir d’exemple. « Outre le risque de brûlure et de s’ébouillanter, il existe de nombreuses autres raisons de ne pas utiliser la vapeur, expliquait en effet l’année dernière la professeure de gynécologie Deborah Bateson, de l’Université de Sydney (Australie). Non seulement la vapeur aura un effet desséchant sur le vagin, mais elle perturbera probablement le microbiome vaginal et réduira la barrière naturelle du corps contre les infections ».

Cette étude pourra également permettre aux prestataires de soins de santé de prendre conscience des thérapies alternatives actuellement prodiguées dans le but d’avertir les femmes qui souhaiteraient s’orienter vers ce genre de pratique.

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