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De nouveaux ossements et artéfacts retrouvés dans la “Vallée de la mort”, en Pologne

Des enseignants polonais sur leur site d'exécution le 1er novembre 1939. Crédits : Auteur inconnu

Une équipe de chercheurs a récemment présenté les premiers résultats d’un projet multidisciplinaire visant à documenter les preuves du génocide perpétré dans la “Vallée de la mort”, en Pologne, en janvier 1945.

Les atrocités nazies dans la Vallée de la mort

Entre 30 000 à 35 000 citoyens polonais ont été exécutés par les nazis en octobre et novembre 1939 sur plusieurs centaines de sites. L’un d’eux, situé à la périphérie nord de Chojnice, fut le théâtre de bon nombre de ces exécutions perpétrées par les Selbstschutz et la Gestapo. En raison des massacres (entre 1 200 et 1 400 Polonais et Juifs assassinés), la population locale a nommé le site “Vallée de la mort”.

Le nord de la vallée fut également le théâtre d’un autre massacre en 1945. Selon un témoin, sous l’escorte de la Gestapo, une colonne d’environ 600 prisonniers polonais de Bydgoszcz, Toruń, Grudziądz et des villages voisins furent à l’époque exécutés durant la seconde moitié du mois de janvier. Leurs corps ont ensuite été rapidement brûlés pour dissimuler les preuves de l’atrocité.

Des exhumations effectuées plus tard ont permis d’identifier les restes de 168 personnes. Aussi, les autres restes humains n’ont pas encore été découverts et exhumés. À cette fin, une équipe dirigée par le Dr Dawid Kobiałka, de l’Académie polonaise des sciences, a effectué une analyse archéologique du site.

Pour cette étude, les chercheurs se sont appuyés sur des techniques de télédétection lidar. Combinés à des images aériennes historiques, ces travaux ont permis de souligner la présence de tranchées dans la vallée. Ces dernières ont probablement été creusées à l’origine par l’armée polonaise en prévision d’un conflit avec les nazis avant d’être utilisées par ces derniers pour enterrer les morts.

De nombreux artéfacts et restes humains

À l’intérieur de ces anciennes tranchées, les chercheurs ont identifié 349 artéfacts grâce à des détecteurs de métaux, principalement des balles et des douilles d’obus. Certains objets personnels ont également été récupérés. “Parmi eux figurait l’alliance d’une femme“, explique le Dr Kobiałka, “Cette bague a été identifiée par le Dr Dariusz Burczyk, de l’Institut de la mémoire nationale, en Pologne, comme appartenant à Irena Szydłowska, une coursière de l’armée de l’intérieur polonaise”. Les descendants de cette femme ont été informés de la découverte et pourront bientôt récupérer l’alliance.

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L’une des bagues retrouvées sur le site. Crédits : A. Barejko.

Ces travaux, rapportés dans la revue Antiquity, ont également permis de retrouver du bois carbonisé utilisé pour construire des piles sur lesquelles étaient brûlés les corps des victimes, ainsi que plusieurs ossements incinérés. Selon les auteurs, qui s’appuient des rapports d’archives, ces restes brûlés appartenaient probablement à des membres du mouvement de résistance polonais qui ont été tués lors du massacre de janvier 1945. De futures analyses ADN pourraient aider à identifier précisément les victimes.